STANOZOLOL’ (STROMBA, STROMBAJECT)

« L’élixir des TGV du tartan »
Le stanozolol, comme la nandrolone, son concurrent le plus acharné dans « l’amour » que
les sportifs portent aux substances ergogéniques top niveau pour supporter l’accroissement
maximal des cadences d’entraînement, appartient à la grande famille des stéroïdes
anabolisants. Son nom, popularisé par le Canadien Ben Johnson aux JO de Séoul en 1988,
est connu de l’ensemble de la planète sportive, même des compétiteurs de catégories
amateurs. S’il n’est plus commercialisé en France depuis 1985, en Belgique depuis
août 2001, il est toujours disponible dans de nombreuses pharmacies de la Communauté
européenne, notamment chez nos proches voisins espagnols.
N. ASPECTS PHARMACOLOGIQUES
Spécialités pharmaceutiques (exemples)
Nom commercial Composition MSM RDM
Stromba Stanozolol (cp.) 1964 1985
Strombaject Stanozolol (inj.) 1972 1985
Spécialités étrangères
Stromba (Allemagne, Autriche, Belgique, Danemark, Pays-Bas, Hongrie, Angleterre,
Suède, Suisse), Strombaject (Allemagne, Belgique), Winstrol (Canada, Espagne, Italie,
Grèce, Portugal, États-Unis).
Tableau
Jusqu’à son retrait en 1985, le stanozolol appartenait au tableau C.
Surnom
Substance laiteuse blanche (préparation injectable).
Propriétés et indications thérapeutiques
Vidal 1967
> Propriétés
Stromba, par son action métabolique :
— Corrige les désordres nutritionnels et en particulier les troubles de l’utilisation du
calcium.
— Supprime les douleurs osseuses des décalcifiés.
— Freine la fuite urinaire du calcium et de l’azote au cours des poussées évolutives.
— Provoque une sensation de bien-être.
— Améliore dans tous les cas l’état général.
> Indications thérapeutiques
— Ostéoporoses post-ménopausiques.
— Décalcifications préséniles et séniles.
— Décalcification des traitements cortisoniques.
— Décalcification des malades immobilisés.
— États de dénutrition.
— Asthénie.
Vidal 1983
> Propriétés
Le stanozolol présente une activité anabolique prédominante avec une composante
androgénique modérée. Le rapport activité anabolisante/activité androgénique du stanozolol
vaut 30, la.référence étant la méthyltestostérone : étude faite chez le rat, méthode de
Hershberger, Shipley et Meyer. Le stanozolol positive la balance azotée en augmentant la
synthèse protéique à partir des acides aminés et en diminuant leur catabolisme vers l’urée.
Il diminue la clairance et augmente le taux de réabsorption du calcium urinaire. Il
s’oppose aux effets catabolisants des corticoïdes. Il stimule l’érythropoïèse.
> Indications
—C héz le sujet âgé : cachexie, état de dénutrition.
—S uites d’interventions chirurgicales majeures.
— Brûlures étendues, escarres.
— Proposé dans le traitement de certaines ostéoporoses séniles ou iatrogènes.
Dangers
Vidal 1967
Aucune intolérance digestive ou hormonale n’a été observée à la posologie moyenne
conseillée. Cependant Stromba ne doit pas être utilisé chez les enfants (moins de 15 ans),
ni dans les cas de grossesse ou de présomption de grossesse. Classiquement contreindiqué
dans le carcinome de la prostate.
Vidal 1983
> Contre-indications
—S ujets prépubertaires, femmes jeunes.
—F emme enceinte ou susceptible de le devenir en raison des risques virilisant sur la
femme et le foetus.
—A llaitement.
— Cancers hormono-dépendants chez l’homme et adénome prostatique.
—I nsuffisance hépatique, hépatite chronique ou récente.
> Mise en garde
La prescription des anabolisants stéroïdiens doit être mûrement pesée : ces substances
conservent une activité de même type que la testostérone et peuvent donc provoquer des
effets androgéniques parfois irréversibles. Leur administration doit être discontinue, à
posologie réduite.
Précautions
Comme pour toute thérapeutique hormonale, il importe de respecter la posologie usuelle
et de surveiller la tension artérielle chez les insuffisants cardiaques et rénaux, en raison du
risque de rétention hydrosodée.
Interactions médicamenteuses
Possibilité de potentialisation de l’action des anticoagulants et des sulfamides antidiabétiques.
Effets indésirables
—E ffets androgéniques généralement réversibles à l’arrêt du traitement : acné, séborrhée,
augmentation de la libido.
—E ffets androgéniques pouvant être irréversibles : masculinisation avec hirsutisme,
modification du timbre de la voix, chute des cheveux.
—E ffets antiestrogéniques : irrégularités menstruelles, dysovulatiOn, aménorrhée.
—E ffets métaboliques : augmente la cholestérolémie chez des sujets présentant une hyperlipidémie
préexistante ; diminue la tolérance aux glucides chez des sujets prédisposés ;
possibilité d’hépatite cholestatique.
Effets allégués et recherchés par les sportifs et leur entourage médico-sportif
(théoriques, empiriques et scientifiques Spécialités sportives les plus concernées
Cf. Anabolisants (stéroïdes).
Principales affaires (extraits de presse)
1976 — Cyclisme — Dr François Bellocq (France) : au nom du père
Rachel Dard, le cycliste de l’équipe Peugeot,
mis en cause dans l’affaire dite du courrier de
Dax (tentative de fraude le 21 octobre lors
de la 4′ étape Dax-Dax), présente pour sa
défense une ordonnance de François Bellocq 1,
médecin de son groupe sportif ou figurent
différents médicaments destinés à accroître les
performances.
L’ordonnance en question est un vrai
condensé des égarements du cyclisme des
années soixante-dix. On y trouve du Coltramyl
pour atténuer les contractures dues aux
stéroïdes anabolisants, du calcium pour lutter
contre la résorption osseuse due aux prises de
cortisone, ainsi que trois produits interdits, à
savoir du Célestène, un corticoïde synthétique
prescrit sous deux formes et du Strombaject, un
stéroïde anabolisant. On aurait tort de croire
que de telles ordonnances appartiennent au
passé. Après tout, le Strombaject contient du
stanozolol, qui fit plonger Ben Johnson.
Dr Jean-Pierre de MONDENARD.
1987 — Athlétisme — Birgit Dressel (RFA) : l’overdose de stanozolol
0 Le 10 avril 1987, l’athlète ouest-Allemande
Birgit Dressel, l’une des meilleures spécialistes
de l’heptathlon, décédait d’une overdose
de médicaments. Le professeur Armin
Klümper, le médecin de très nombreux
sportifs de haut niveau ouest-allemands, la
suivait depuis 1981. D’après l’enquête du
parquet, le spécialiste aurait ordonné à la
championne, sur une durée de cinq ans, pas
moins de quatre cents injections de produits
médicamenteux, pour la plupart de type
anabolisant ! En 1986, Dressel avait adopté
le stanozolol — comme Ben Johnson donc —
dont la toxicité hépatique est parfaitement
reconnue. Le dernier acte de cette consternante
histoire apparaît particulièrement
sordide lorsqu’on apprend que le fameux
thérapeute Armin Klümper a été traîné en
justice pour avoir détourné pour environ
soixante-dix millions de francs de produits
pharmaceutiques et pour avoir indûment
perçu vingt millions d’honoraires. Pour
toute défense, il essaie de minimiser ses
fautes : “Cela n’était que quelques irrégularités”.
Il est temps que tout le monde
comprenne que le dopage n’est pas seulement
une question de gouttes dans le nez ou
de sirop pour la toux. »
de MONDENARD J.P. La mort sur ordonnance. Le
Figaro, 01.10.1988.
1988 — Athlétisme — Ben Johnson (Canada) : un contrôle positif aux éclaboussures
planétaires
(1) Communiqué du CIO — « Voici le texte du
communiqué publié le mardi 27 septembre à
Séoul, par le Comité international olympique
pour annoncer la disqualification du canadien
Ben Johnson, après la finale du 100 m
plat.
Recommandation de la Commission médicale
du CIO à la Commission exécutive du
CIO qui l’a approuvée à l’unanimité:
“L’échantillon d’urine de Ben Johnson
(Canada, athlétisme, 100 m) recueilli le
samedi 24 septembre 1988, a révélé la
présence de métabolites d’une substance
interdite, le stanozolol (stéroïde anabolisant).
La Commission médicale du CIO a discuté
les arguments avancés par la délégation canadienne
et plus particulièrement la déclaration
selon laquelle cette substance aurait pu être
administrée par une tierce personne après la
compétition. Néanmoins, le profil stéroïdien
ne permet pas de maintenir une telle allégation.
La Commission médicale du CIO
recommande la sanction suivante : disqualification
de ce concurrent des Jeux de la XXIV’
olympiade à Séoul. Cette décision est indépendante
de toute sanction que la Fédération
internationale concernée pourrait adopter en
application de ses propres règles.” »
Le Monde, 28.09.1988.
(2) Les aveux de Ben Johnson — « Le sprinter
canadien, Ben Johnson, disqualifié après sa
victoire au 100 m des Jeux de Séoul pour
dopage au stanozolol, a admis devant la
Commission d’enquête canadienne sur le
dopage à Toronto, qu’il avait pris des
stéroïdes anabolisants au cours de sa carrière d’athlète. Mais il s’est défendu d’avoir
consommé des produits dopants de son
propre chef, et a bien insisté sur le fait qu’il
l’avait fait seulement parce que son entraîneur
et son médecin, en qui il avait totalement
confiance, le lui avaient conseillé.
Lorsque Charlie Francis, son unique entraîneur,
à qui il a été présenté alors qu’il n’avait
que quinze ans, lui a conseillé quatre ans plus
tard, en 1981, de prendre des stéroïdes
anabolisants, il a été réticent au début a-t-il
dit. Ce n’est qu’en 1983, a-t-il raconté, qu’il a
pris conscience que les pilules bleues de
Dianabol ou roses de stanozolol que Francis
lui donnait de la main à la main, étaient des
substances interdites par les règlements de
l’athlétisme. Puis, le docteur Jamie Astaphan
a pris en main son “programme de stéroïdes”
et lui a injecté régulièrement de 1984 à 1986,
trois fois par semaine, cette substance blanchâtre
que le médecin appelait furazabol.
Contredisant les déclarations de Francis et
d’Astaphan selon qui le champion savait très
bien çe qu’il prenait et qu’il était même
curieux, Ben Johnson a affirmé qu’il ne
portait à ces substances qu’un intérêt limité.
On lui disait de les prendre car il pourrait
ainsi courir plus vite, récupérer plus rapidement,
soulever plus de fonte à l’entraînement.
Alors, il les prenait. Parfois, il
manquait certaines injections et était
sermonné par Charlie Francis, a-t-il dit. »
Le Figaro, 14.06.1989.
(3) L’énigme du furazabol — Charlie Francis,
l’entraîneur de Ben Johnson, s’interroge sur
le fameux contrôle positif du 24 septembre :
« Je supposais que Ben avait été épinglé à
cause d’un stéroïde anabolisant mais cela
n’avait aucun sens. Ces trois dernières
années, certains de mes sprinters avaient pris
de l’Estragol, une forme injectable de furazabol,
un stéroïde. Je savais que ce produit ne
pouvait être détecté car l’équipement des
laboratoires du CIO n’était pas conçu pour
identifier les métabolites du furazabol, substances
également sécrétées par l’organisme en
cas de fatigue. (Quelques mois plus tard, le
médecin mandaté par le CIO confirmerait la
chose.) Qu’est-ce qui s’était donc passé ? […]
Quelques semaines plus tard une autre
nouvelle est venue me troubler un peu plus.
La commission Dubin avait remis à un laboratoire,
à des fins d’analyse, un échantillon de
stéroïde injectable, fourni par Angella Issajenko,
que les membres de mon groupe de
sprinters prenaient depuis trois ans. En
novembre, le laboratoire rendit publiques ses
conclusions ; elles révélaient que l’échantillon
n’était pas du furazabol (le stéroïde indécelable
que nous connaissions sous le nom
d’Estragol). C’était du stanozolol, le stéroïde
très largement utilisé, qui avait été trouvé
dans les urines de Ben à Séoul. Je n’en revenais
pas. J’étais consterné. Je n’aurais jamais
permis à mes sprinters d’utiliser une solution
injectable connue du CIO. J’aurais eu peur
que les métabolites du produit n’aient pas le
temps de disparaître de leur organisme. (Les
stéroïdes absorbés par voie orale que nous
avions utilisés jusqu’à ce que Astaphan, en
1985, nous mette à l’Estragol, étaient éliminés
par l’organisme beaucoup plus rapidement
que les injectables.)
Cependant, cette révélation ne résolvait pas le
mystère du contrôle positif de Ben. Autant
que j’en savais, il avait reçu sa dernière injection
le 28 août à Toronto, soit vingt-six jours
avant la finale du 100 m. Il y avait là un intervalle
de temps amplement suffisant pour que
le produit disparaisse. Nos expériences en la
matière le prouvaient. Avec le même stéroïde,
Ben avait été contrôlé à vingt-neuf reprises
sans être déclaré positif. Et souvent, le délai
d’élimination de la substance avait été inférieur
à vingt-six jours. Plusieurs fois, il avait
même reçu une injection treize ou quatorze
jours seulement avant un meeting. Pourquoi
donc s’était-il fait prendre cette fois à
Séoul ? »
FRANCIS C. Le piège de la vitesse. Robert Laffont, Paris,
1992, 303 (23-24).
(4) L’intime conviction du juge canadien
Dubin — « En dépit de ses protestations, je
suis convaincu que, lorsque le Dr Jamie Astaphan
a proposé l’Estragol à ses patients en
1985, il leur administrait en fait du stanozolol
et, ce qui est plus inquiétant, ce stanozolol
était le stéroïde injectable Winstrol-V
qu’il avait acheté à la Sterling Drug Ltd. Je
suis également convaincu que le Dr Astaphan
n’a jamais informé les athlètes que la
drogue qu’il leur fournissait était en fait un
produit vétérinaire. Les injections que
M. Francis et le Dr Astaphan ont donné à
M. Johnson à Toronto en août 1988 étaient
des injections de stanozolol. Les analyses de
l’échantillon prélevé à Séoul indiquant une
utilisation à long terme de stéroïdes par M.
Johnson sont conformes à la preuve qui
précède. »
DUBIN C.L. Commission d’enquête sur le recours aux
drogues et autres pratiques interdites pour améliorer
la performance athlétique. Centre d’édition du
gouvernement du Canada. Approvisionnement
et services Canada, Ottawa, 1990, 714 (347).
Commentaires (NDLA) : On peut s’interroger sur les raisons qui ont poussé Ben Johnson
à utiliser du stanozolol, détectable assez facilement par les laboratoires du CIO alors que
le furazabol (nom commercial : Miotolon) était alors parfaitement indécelable par un
contrôle antidopage olympique. Il était même possible de le consommer le jour même de
la finale du 100 m ! Comme l’estime le juge canadien Dubin, il est probable que le
médecin de Big Ben, Jamie Astaphan, lui fournissait à son insu du stanozolol à la place du
furazabol. Il aurait voulu le piéger qu’il n’aurait pas agi autrement. Aujourd’hui, le furazabol,
selon les experts de la dope, bien que détectable, peut être encore utilisé sans risque
de test positif si l’on interrompt la cure 5 à 7 jours avant la compétition.
,,••••••
(5) Des sanctions « à rebours » — Pas de surprise
samedi à Tokyo. Dès la première journée du
conseil de la Fédération internationale (IAAF),
le sort du canadien Ben Johnson, convaincu de
dopage aux Jeux de Séoul, a été réglé. Effacés
ses 9″83 sur 100 m à Rome en août 1987 et ses
records du 50 m (5″55) et du 60 m (6″41) en
salle. Les ‘riouveaux temps de référence sont
ceux de l’Américain Carl Lewis (9″92) pour le
100 m, de l’Allemand de l’est Manfred Kokot
et de l’Américain James Sanford sur 50 m en
salle (5″61) et d’un autre américain, Lee
McRea, sur 60 m en salle (6″50). Ces changements
sont la conséquence directe de la règle
adoptée en septembre 1989 à Barcelone lors
du congrès de la IAAF : un athlète qui admet
avoir utilisé un produit dopant lors des six
années précédant sa « confession » sera privé
des titres et des records obtenus au cours de
cette période. Tel était le cas de Ben Johnson.
Il convient cependant de préciser que le
Canadien avait reconnu ses torts avant
l’adoption de cette nouvelle règle. Logiquement,
elle n’aurait donc pas dû lui être appliquée
rétroactivement. Les dirigeants internationaux
en ont décidé autrement. »
Le Figaro, 22.01.1990.
(6) CIO : la mise à l’index du prince
Alexandre de Merode par Juan Antonio
Samaranch — « Il est cependant un homme
qui échappe à l’influence trop prononcée du
milieu depuis que Brundage lui demanda à
brûle-pourpoint, en 1968, de devenir président
de la Commission médicale. Alexandre
de Merode a tout pour irriter Samaranch.
Bien que beaucoup plus jeune que lui, il l’a
précédé au CIO. Ses quartiers de noblesse
remontent au me siècle, pas au 28 décembre
1991. Disposant d’une fortune personnelle, il
n’attend aucune faveur de personne et a
d’autres intérêts que sportifs dans la vie. Il est
devenu parfaitement compétent dans un
domaine dont il ignorait absolument tout.
Enfin, son sourire narquois se transforme
fréquemment en un grand rire irrespectueux
témoignant de son indépendance d’esprit.
Grâce à sa constance et au concours bénévole
de sommités du monde médical et scientifique,
Samaranch a longtemps pu affirmer
très sérieusement que, disposant des services
des plus éminents spécialistes, le CIO était à la
pointe de la lutte antidopage. A la suite de
circonstances qu’il faudra bien raconter un
jour dans leur exacte vérité, il se trouva
qu’aux Jeux de Séoul, le cas de dopage
concernant un certain Ben Johnson fut
connu de l’Agence France-Presse. Avant de
publier l’information, l’agence en demanda
confirmation, comme il se doit, à de Merode.
Le président de la Commission médicale
n’avait, selon les règles, ni à confirmer ni à
infirmer, mais à transmettre à la Commission
exécutive, seule habilitée à prendre une décision,
l’entière responsabilité de communiquer
cette décision ou non appartenant au
président du CIO. Pour des raisons sur
lesquelles il conviendra également tôt ou tard
de faire toute la lumière historique, et dont
l’origine remonte aux Jeux de Los Angeles, en
1984, de Merode confirma. L’Agence France-
Presse publia. Aussitôt, ce fut un beau charivari
planétaire ! Ainsi donc, l’athlète le plus
rapide du monde, le champion olympique du
100 m, le vainqueur de Carl Lewis, n’était
qu’un vil tricheur. Jusqu’au dernier moment,
Carol Anne Letheren, chef de la délégation
canadienne, avait cru que cette affaire-là
s’arrangerait aussi. Mais Alexandre de
Merode avait mis sa démission sur la balance.
Si bien que, devant la tournure des événements,
il fut bientôt impossible de faire
machine arrière. S’il lui est arrivé d’enfiler des
gants de boxe, Samaranch nourrit surtout
une grande admiration pour la technique du
judo. Celle qui permet d’utiliser la force de
l’adversaire à son profit. Aux petites natures
d’entretenir l’espoir de retourner des
colosses. “J’ai tenté d’appliquer dans ma vie la
théorie du judo, qui nous conseille de ne
jamais aller en sens contraire, mais d’accompagner
la force qui nous pousse”, a-t-il
déclaré en 1992 au quotidien El Periodico.
Ainsi fit-il à Séoul. Au lieu de chercher
s’opposer à une tempête médiatique qui l’eût
de toute façon submergé, il se laissa porter
par elle et en tira avantage. “Voyez, dit-il,
comme le CIO est courageux ! Admirez son
efficacité ! Il est tombé sur un très gros gibier
et n’a pas hésité à le sanctionner”. Cet exercice
de style avait évidemment ses limites. Un
cas Johnson, passait ! Deux cas, bonjour les
dégâts ! La crédibilité du sport de haut niveau
n’y eut pas résisté et il ne fallait pas risquer de
faire fuir les précieux sponsors devant la
révélation d’un spectacle certes magnifique,
mais truqué. Mauvais pour la sincérité d’un
produit, ça ! Moyennant quoi d’autres
athlètes, à commencer par l’Américaine
Florence Griffith -Joyner, super championne
parfaitement surfaite, purent en prendre
leur aise dans la confusion qui suivit immédiatement.
Quelques semaines plus tard avait
lieu en URSS une conférence internationale
sur les problèmes du dopage. Dans l’avion de
Moscou, le Dr Maurice. Vrillac rencontra Me
François Carrard, directeur du CIO. “Qu’est-ce que vous faites là ?” lui demanda le
médecin du Comité olympique français. Et le
corpulent avocat, qui ne brille pas particulièrement
par sa subtilité, de répondre
finement : “C’est Samàranch qui m’a envoyé
pour surveiller de Merode”. Trop tard ! Car
les faits sont têtus et toutes les précautions du
président du CIO n’y pourront jamais rien.
En 1989, devant la Commission d’enquête
canadienne présidée par le juge Charles
Dubin, Johnson déclara, en effet, qu’il se
dopait régulièrement depuis 1981 et avait été
contrôlé dix-neuf fois avant de se faire pincer
à Séoul. Tous ces contrôles, y compris celui
effectué après sa troisième place aux Jeux
précédents de Los Angeles, en 1984 (à moins
qu’il n’y en ait pas eu !), avaient été déclarés
négatifs. En 1991, Brigitte Berendonk, une
ancienne pentathlonienne est-allemande passée
à l’Ouest et mariée à un biologiste de Heildeberg,
démontra, documents à l’appui, que le
dopage avait été une véritable institution
dans l’ancienne RDA. Or en dix-sept ans,
deux athlètes seulement, parmi les bataillons
est-allemands fournis des médaillés et des
briseurs de records à répétition, avaient été
déclarées positives. En dehors des Jeux,
encore ! En bonne logique, on pouvait en
tirer deux conclusions : ou bien les grands
spécialistes de M. Samaranch ne valaient pas
tripette, ou bien le CIO, préférant jeter le
voile sur de trop nombreux cas positifs, avait
souvent retenu son bras vengeur de champion
de la lutte antidopage et s’était tu piteusement.
Dans les deux cas, les proclamations
de guerre ouverte de l’olympisme contre le
dopage étaient à jeter aux orties. Le Pr Claus
Clausnitzer, biologiste de talent, directeur du
laboratoire accrédité par les autorités olympiques
de Kreischa, en RDA, avait fait longtemps
partie de la Commission médicale du
CIO, et plus précisément de la sous-commission
“dopage et biochimie”, autrement
appelée “antidopage”. Le livre de Brigitte
Berendonk (Doping Dokumente von der Forschung
zum Betrug, Springer-Verlag, 1991),
révéla la part de responsabilité qui lui revenait
dans la vaste entreprise de dopage estallemande.
Éliminé de cette Commission, où
il avait longtemps joué le double rôle du
gendarme et du délinquant, l’ancien représentant
de la RDA a été remplacé par le Dr
Jordi Segura, jeune médecin catalan responsable
du laboratoire antidopage de Barcelone.
Avant même la cérémonie d’ouverture, le
Dr Segura avait prédit, sur la foi d’on ne sait
quelle certitude scientifique, qu’il n’y aurait
pas plus de dix cas de dopage aux derniers
Jeux olympiques. Il n’y en eut effectivement
que cinq. Ce qui prouve que le CIO, pourtant
placé devant la tâche impossible d’encourager
des performances surhumaines pour le
spectacle et de réprimer en même temps le
dopage pour ne pas discréditer le sport,
maîtrise parfaitement la situation.
C’est-à-dire que, s’il contrôle très imparfaitement
le dopage, il a en revanche un parfait
contrôle du… contrôle antidopage. Après
l’éclat qu’il avait provoqué, Alexandre de
Merode fut plus ou moins mis à l’index,
Samaranch restant près de trois ans sans
pratiquement lui adresser la parole. Quand il
arriva à la session de Porto Rico, en 1989, il
venait d’avoir un petit problème cardiaque.
Ses collègues du CIO, le regardant comme un
miraculé, s’étonnèrent de le trouver en aussi
bonne forme. Le bruit avait, en effet, déjà
couru qu’il était quasiment moribond. En
tout cas très diminué. Au cours de cette
session, on l’élimina, “par erreur”, avec un an
d’anticipation, de la Commission exécutive
avant de lui présenter des excuses. Quand il se
présenta de nouveau à l’élection pour faire
partie de cette Commission, en 1991, il fut
malencontreusement battu par le jeune
Hongrois Pal Schmidtt, ancien champion
d’escrime. Cette situation ne pouvait toutefois
s’éterniser, le président de la Commission
médicale ayant eu le temps d’apprendre
beaucoup de choses en près d’un quart de
siècle. Samaranch y mit donc fin, en vertu du
principe qu’il faut savoir composer avec
certaines réalités, aussi dures soient-elles. »
Boix J., ESPADA A., POINTU R. Juan Antonio Samaranch,
l’héritage trahi. Romillat, Paris, 1994, 192
(144-147).
1988 — Haltérophilie — Kevin Roy (Canada) : épinglé lors d’un précontrôle
« L’haltérophile canadien Kevin Roy a été
reconnu positif après un contrôle antidopage
effectué au début du mois de septembre par
un laboratoire de Montréal. Il est reparti
lundi au Canada afin d’être sur place pour la
contre-expertise, dont les résultats devraient
être connus sous dix jours.
Kevin Roy, qui fut médaillé d’or aux Jeux du
Commonwealth 1986 dans la catégorie des
100 kg, aurait utilisé un stéroïde anabolisant
dénommé stanozolol. »
L’Équipe, 13.09.1988.
1993 — Haltérophilie — Ron Laycock (Australie) : maintenu dans la sélection par
sa fédération
« L’Australien Ron Laycock, huitième en tests ayant été effectués avant ces Champion-
76 kg, a été déclaré positif. Non pas avant- nats du monde de Melbourne. Positif au
hier à l’issue de la compétition mais lors des stanozolol, produit que Ben Johnson a renducélèbre en 1988, Laycock avait pourtant reçu
les résultats ainsi que sa fédération trois jours
avant le début des Championnats. Sa fédération
l’a tout de même maintenu dans la
formation. La fédération internationale, par
l’intermédiaire de son secrétaire général, a
hier réagi vigoureusement contre la fédération
australienne et envisage des sanctions
exemplaires. »
L’Équipe, 18.11.1993.
1994 — Athlétisme — Horace Dove-Edwin (Sierra Leone) : stupéfiant deuxième
du 100 m
« La belle histoire du coureur de Sierra Leone
Horace Dove-Edwin — “stupéfiant” deuxième
du 100 m mardi dernier (23.08) en 10″02 et
juste derrière le champion olympique et du
monde Linford Christie ! — n’aura pas duré
plus de cinq jours. Dove-Edwin en effet a été
convaincu de dopage après que des traces de
stanozolol eurent été décelées dans ses urines.
L’athlète venu de nulle part, sans la moindre
référence chronométrique avant les Jeux du
Commonwealth et qui fit la une de tous les journaux
canadiens avec sa performance spontanée,
devra rendre sa médaille d’argent, ce qui donne
d’ores et déjà la médaille de bronze au Namibien
Frankie Fredericks, quatrième de la course. »
L’Équipe, 29.08.1994.
1996 — Athlétisme — Dean Capobianco (Australie) : suivez le boeuf
(1) « Le sprinter australien Dean Capobianco
a été reconnu coupable de dopage et
suspendu jusqu’au 27 mai 2000 par la
commission d’arbitrage de l’IAAF. Capobianco,
vingt-six ans, avait été contrôlé
positif au stanozolol (stéroïde anabolisant) le
27 mai 1996, à Hengelo (Pays-Bas). Il avait
cependant pu participer aux Jeux d’Atlanta,
la fédération australienne ayant estimé que
les conditions d’acheminement de l’échantillon
d’urine de l’athlète entre Hengelo et le
laboratoire de Cologne ne présentaient pas
toutes les garanties nécessaires de sécurité.
Mais l’IAAF avait déclaré que de nouveaux
éléments apportés au dossier prouvaient la
culpabilité du sprinter australien. Dean
Capobianco a toujours maintenu avoir été
victime d’une erreur dans les échantillons
d’urine et a déclaré qu’il entendait se pourvoir
devant un tribunal civil. »
L’Équipe, 18.03.1997.
(2) « Dans un premier temps, Dean Capobianco
s’est défendu en arguant avoir été
victime d’une erreur dans les échantillons
d’urine. Ensuite, les 15 et 16 mars 1997, lors
d’une audition par le jury d’arbitrage
Monte Carlo, les défenseurs du sprinter
australien ont soulevé la possibilité que le
fait de manger de la viande contaminée
pouvait conduire à un résultat positif lors
d’un contrôle antidopage. Selon le jury
d’arbitrage, la règle de mise en défaut du
test urinaire ne s’applique pas à la consommation
de nourriture. De plus, à ce jour, il
n’existe aucune preuve démontrant que la
consommation de viande provenant de bétail
traité aux stéroïdes et autres produits de
croissance, peut entraîner un contrôle antidopage
positif au stanozolol. Dans ce cas
précis, un expert scientifique a démontré
qu’il y a moins d’une chance sur un million
pour que Capobianco ait pu ingérer autant
de stanozolol en mangeant du boeuf ! Au
final, le jury a décidé que le sprinter
kangourou devait bien observer une suspension
de 4 ans à partir de la date de la première
infraction. »
IAAF News, 1997, n° 19, mai, 11.
Commentaires (NDLA) : Rappelons qu’avant Capobianco, de nombreux athlètes pris aux
anabolisants ont eux aussi invoqué l’ingestion de viande dopée pour expliquer leur
contrôle positif. Il est probable que cette excuse récurrente des spécialistes du tartan va
devenir aussi connue que, chez le cycliste, le bidon « contaminé » proposé par un spectateur
sur le bord de la route.
1996 — Athlétisme — Lulia Negura (Roumanie) : dopée par son entraîneur…
« La Fédération roumaine d’athlétisme a
annoncé que la championne d’Europe de
cross-country, Lulia Negura, a été contrôlée
positive au stanozolol (stéroïde anabolisant)
et risque une suspension de 4 ans. Il y a eu
deux contrôles positifs : le premier hors
compétition, en Roumanie (décembre 1994),
le second lors des Championnats d’Europe
1996 à Charleroi (Belgique) le 15 décembre
où Negura a gagné la médaille d’or individuelle
et la médaille d’argent avec l’équipe
féminine de Roumanie. Si le titre devait être
retiré à Negura, c’est Sara Wedlund qui serait
championne. Negura, 8e aux JO d’Atlanta sur
10 000 m (en 31″26’46 record personnel), a
été championne du monde des 15 km sur
route en 1990 et 1991. Negura prétend
qu’elle a été dopée par son entraîneur Dorin
Melinte (ex-mari de Doina) qui, avec la
complicité de son ex-femme, a mis des
stéroïdes dans sa nourriture. Doina Melinte a
réagi : “Negura a été également contrôlée
positive en 1996, au Japon, mais sans être
sanctionnée. Cette affaire est une honte pour
la Roumanie.” »
Athletics International, 29.01.1997, 2.
1997 — Bobsleigh — Nathan Wheldon (Australie) : sortie de piste pour deux ans
« Un membre de l’équipe d’Australie, dopage positif au stanozolol, un stéroïde
Nathan Wheldon, vient d’être suspendu anabolisant. »
pour deux ans à la suite ‘d’un contrôle anti- L’Équipe, 18.11.1997.
1998 — Basketball — Jose Ortiz (Porto Rico) : sur ordonnance du médecin de la
sélection nationale
« La Fédération internationale de basketball Avant sa décision d’aujourd’hui, la FIBA
(FIBA) a levé mardi soir la suspension de avait suspendu Ortiz en décembre pour
deux ans infligée pour dopage à l’interna- toute rencontre, nationale comme international
portoricain Jose Ortiz à la suite du tionale.
Championnat du monde à Athènes, en juillet Convaincu d’avoir absorbé du stanozolol
1998. (stéroïde anabolisant), lors du Cham-
La FIBA, dont le siège est à Munich, a ainsi pionnat du monde, Ortiz avait reconnu les
suivi le jugement d’un tribunal civil grec qui, faits mais expliqué qu’il avait pris ce produit
le 8 janvier, avait lavé le joueur de tout uniquement pour des raisons médicales et
soupçon de dopage lors que la Fédération sur prescription du médecin de l’équipe
grecque de basketball lui avait infligé l’été portoricaine. »
dernier deux ans de suspension. Agence Fronce-Presse, 26,01.1999.
1999 — Athlétisme — lita Pavlysh (Ukraine) : médaille d’or retirée
« Monaco — L’Ukrainienne Vita Pavlysh, a annoncé que Pavlysh a été prise au stanospécialiste
du lancer du poids a été contrôlée zolol, le stéroïde anabolisant découvert
positive après avoir obtenu la médaille d’or dans les urines du sprinter Ben Johnson à
aux Championnats du monde en salle Séoul en 1988. Les deux échantillons étaient
d’athlétisme, le mois dernier à Maebashi positifs. L’Ukrainienne s’est vu retirer sa
(Japon). Elle a été suspendue deux ans par sa médaille d’or, rétrocédée à la Russe Irina
fédération. Anna Magnani, une porte-parole Korshaeneko. »
de la Fédération internationale d’athlétisme Associated Press (AM, 18.03.1999.
1999 — Cyclisme — Gary Edwards (Angleterre) : suspendu à vie pour 3 contrôles
positifs
« Londres — Un pistard britannique, Gary tion. Elle lui a également interdit d’exercer
Edwards, a été suspendu à vie par la Fédé- toute fonction d’organisateur, de promoration
britannique de cyclisme (BCF) pour teur ou de responsable dans le cyclisme. Le
avoir été contrôlé trois fois positif, depuis président de la BCF, Brian Cookson, a
juin 1998. affirmé que sa fédération continuerait à se
Edwards a été contrôlé positif à l’hydroxysta- montrer inflexible dans tous les cas de
nozolol-3, un dérivé du stanozolol, stéroïde dopage, en liaison avec le “directoire de la
anabolisant, lors des Championnats du lutte contre le dopage et pour l’éthique spormonde
vétérans de Manchester en septembre tive du Royaume-Uni”, en “procédant à des
dernier (1999). Il avait remporté le sprint contrôles fiables, en mettant en place des
dans la catégorie 30-34 ans. La BCF a décidé programmes éducatifs et en décourageant
de lui retirer son titre de Manchester et de les tricheurs.” »
suspendre Edwards à vie de toute compéti- Agence France-Presse, 07.02.2000.
2001 — Athlétisme — Burger Lambrechts (Afrique du Sud) : le poids de la récidive
(1) «Le champion du lancer du poids du directeur de l’ASA. »
Commonwealth a été suspendu pour avoir Athletics International, 06.03.2001, 18-19.
été contrôlé positif au stanozolol (stéroïde (2) « La Fédération d’athlétisme d’Afrique du
anabolisant) a annoncé l’ASA (Fédération Sud a annoncé le 10 septembre que le chamd’athlétisme
d’Afrique du Sud). Il a été pion du Commonwealth du lancer du poids,
contrôlé lors d’un meeting le 23 février, à Burger Lambrechts avait été suspendu 2 ans
Port Elizabeth où il avait établi un nouveau après avoir été contrôlé positif au stanozolol,
record d’Afrique du Sud et d’Afrique avec lors des meetings de Port Elizabeth le
un jet de 20,90 m. “Il est suspendu pour 16 février et de Stellenbosch le 23 février.
toutes compétitions et activités sportives Comme il est déjà sous le coup d’une suspenavec
effet immédiat, en attendant les résul- sion de 6 mois, Lambrechts sera suspendu
tats de l’analyse de l’échantillon B et une éven- jusqu’au 5 mars 2003. »
tuelle audition”, a déclaré Banele Sindani, Athletics International, 19.09.2001, 2.
2001 — Athlétisme — Bobsleigh — Jeff Laynes (États-Unis) : cumulard et falsificateur
« L’Américain Jeff Laynes, compétiteur en lors de contrôles antidopage, le 26 août à
athlétisme et en bobsleigh, a été suspendu Calgary (Canada) lors d’un stage de préparapour
deux ans dans les deux disciplines par tion de bobsleigh et les 20 et 27 octobre à Park
l’Agence américaine antidopage (USADA). City (Utah) aux sélections américaines de
Laynes, 31 ans, a été contrôlé positif au stano- bobsleigh.
zolol, lors de réunions d’athlétisme en L’Agence antidopage américaine a retenu
Espagne, le 14 juillet dernier, puis à la contre lui la sanction maximale au vu des
réunion de Lausitzer (Allemagne) quatre règlements des Fédérations internationales
jours plus tard. L’Américain a en outre falsifié concernées. »
à trois reprises des formulaires de l’USADA Agence France-Presse, 08.12.2001.
2002 — Athlétisme — Mikulas Konopka (Slovaquie) : cinq essais à plus de 20 m…
« La contre-expertise du lanceur de poids 3e place alors que sa meilleure performance
slovaque Mikulas Konopka, médaillé de bronze de l’année n’était que 19,61 m avant les
aux Championnats d’Europe d’athlétisme en Championnats, a rappelé l’agence slovaque.
salle, le 2 mars à Vienne, a confirmé le premier Le lanceur de poids slovaque, qui clame son
test positif au stanozolol (stéroïde anabolisant), innocence, risque une suspension de deux
a annoncé vendredi 26 avril l’agence Tasr. ans, qui devrait être prononcée lors d’une
Konopka, 23 ans, avait créé la surprise à Vienne réunion du comité exécutif de l’Association
en réussissant cinq essais à plus de 20 m dont slovaque d’athlétisme, prévue le 22 mai. »
un à 20,87 m qui lui avait fait remporter la Agence France-Presse, 26.04.2002.
2002 — Boxe — Fernando Vargas (États-Unis) : une addition « féroce »
(1) «La commission athlétique de l’État du comme des stéroïdes anabolisants.” »
Nevada a annoncé que Fernando Vargas a Le Parisien, 28.09.2002.
été contrôlé positif aux stéroïdes anabolisants
(stanozolol), après son combat pou r (2) « L’Américain Fernando Vargas a été
le titre unifié WBA-WBC des super-welters suspendu pour neuf mois et condamné à
contre son compatriote Oscar de La Hoya, payer une amende de 100 000 dollars (autant
le 14 septembre à Las Vegas. Ce dernier d’euros), suite à son contrôle positif aux
était venu à bout de son compatriote à la stéroïdes anabolisants (stanozolol), a annoncé
11e reprise. Vargas, 24 ans, surnommé le la commission athlétique de l’État du
féroce, nie pour sa part avoir pris sciem- Nevada. La suspension est rétroactive au
ment cette substance interdite. “Je suis très 14 septembre, date du contrôle antidopage
en colère à propos des premiers résultats de effectué à l’issue de sa défaite contre Oscar
mon contrôle, a-t-il expliqué. Je veux que de La Hoya pour le titre WBC-WBA des
les gens sachent que jamais je n’absorberai super-welters. »
volontairement de substances chimiques L’Équipe, 21.11.2002.
2002 — Skeleton — Thomas Platzer (Allemagne) a reconnu les faits
(1) «Le pilote allemand Thomas Platzer a été champion du monde, avant de retourner au
contrôlé positif aux stéroïdes anabolisants skeleton cette année. »
(stanozolol) lors d’un contrôle à l’entraî- L’Équipe, 24.11.2002.
nement à Altenberg, le 1” novembre, a (2) «La Fédération allemande de bobsleigh et
annoncé la Fédération allemande de bobsleigh de luge a suspendu le pilote allemand de
et luge (BDS). Platzer, âgé de trente-trois ans, skeleton Thomas Platzer pour un an de toutes
ancien pousseur du pilote de bobsleigh Chris- compétitions nationales, une peine à laquelle
toph Langen, le champion olympique 2002, a s’ajoute une suspension de deux ans en ce qui
reconnu les faits et a renoncé à l’ouverture de concerne les championnats internationaux.
l’échantillon B (contre-expertise). Les statuts « Mon objectif est maintenant le Championnat
de la BDS prévoient une suspension minimale du monde 2005 à Calgary» a déclaré Platzer,
d’un an. Platzer, qui avait débuté en skeleton, trente-trois ans, contrôlé positif au stanozolol
a rejoint ensuite le bobsleigh, où il est devenu (stéroïde anabolisant) le le` novembre. »
avec Langen champion d’Europe et vice- L’Équipe, 29.11.2002.
Réglementation
(cf. rubrique : anabolisants (stéroïdes)
2003 — Listes CIO, UCI et MJS (arrêté du 31.07.2003)
Le stanozolol, en tant que stéroïde anabolisant, est prohibé par l’ensemble des réglementations
internationales dans le cadre des compétitions mais, également, lors des contrôles hors compétition.
2004 — Liste AMA
Depuis janvier, l’Agence mondiale antidopage édicte et publie au plan international, la
seule liste faisant désormais référence pour l’ensemble du mouvement sportif. Le stanozolol
appartient à la section des «Agents anabolisants» (S4) et plus précisément, à la
sous-section (1 : ‘a) des stéroïdes anabolisants androgènes (SAA) qui peuvent être
d’origine exogène. Il est interdit pendant et en dehors des compétitions.
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