HORMONES DE CROISSANCE HUMAINE (hGH) ET SYNTHÉTIQUES’ (GH)

« L’une des plus grandes menaces
pour le mouvement olympique »
Depuis plusieurs années, différentes hormones naturelles, utilisées dans le but d’accroître
les performances sportives — en raison de l’absence de seuil irréfutable de positivité —
n’étaient toujours pas recherchées lors des contrôles antidopage.
Ainsi, en était-il :
— de la cortisone, hormone surrénalienne euphorisante et anti-inflammatoire qui facilite
l’adaptation au stress et aux charges de travail élevées (les premières analyses officielles des
corticoïdes de synthèse datent du Tour de France 1999) ;
— de l’érythropoïétine qui stimule la production des globules rouges et augmente l’oxygénation
musculaire (une méthode de détection urinaire a été officialisée en juin 2000) ;
— de l’hormone corticotrophine (ACTH ou Synacthène) utilisée pour accroître la synthèse
de cortisone (toujours indécelable) ; –
— de la gonadoréline (hormone sécrétée par l’hypothalamus) qui déclenche la sécrétion
d’hormone mâle par le testicule (toujours indécelable) ;
— de la somatostatine qui bloque la sécrétion d’hGH et « permet » d’orienter la croissance
des gymnastes ;
—et, surtout, de l’hormone de croissance (humaine ou synthétique) qui, tout à la fois,
stimule la croissance individuelle des fibres musculaires ainsi que leur nombre (toujours
indécelable).
En septembre 1995, à Lausanne, le Comité international olympique et la Communauté
européenne ont conjointement décidé, pour rattraper le temps perdu, de consacrer plus
de deux millions de dollars à la lutte contre le dopage par injections d’hormone de croissance
exogène.
Alors qu’on savait, dès le milieu des années 1980, que l’hormone de croissance avait pris,
notamment dans la période précédant les grands rendez-vous, le relais des anabolisants
(androgènes et stéroïdes anabolisants hormonaux), la Commission médicale du CIO en
la personne de son expert n° 1 Manfred Donike, attestait dans le bimestriel Sport et Vie
(1993, n° 17, p. 59) que cette substance était sans intérêt pour l’athlète : « L’efficacité de
ces hormones n’a jamais été prouvée. Cette forme de dopage est apparue sur la côte Ouest
des États-Unis dans les milieux du bodybuilding. L’hormone de croissance avait la réputation
de réduire l’épaisseur de la graisse sous-cutanée et d’augmenter la masse musculaire.
Or, dans les études en double aveugle effectuées en laboratoire, rien n’indique un
effet anabolisant dans le domaine sportif. Certes, ces hormones sont susceptibles
d’accélérer le développement chez l’enfant en retard de croissance mais elles restent sans
effet sur des individus de taille normale. »
Deux ans plus tard, en septembre 1995, les experts médicaux du CIO accomplissaient un
changement de cap à 180° en reconnaissant « humblement » : « Nous savons maintenant
que l’hGH est une des drogues les plus utilisées dans le sport de haut niveau. Les athlètes
savent tous que c’est l’agent anabolisant le plus puissant disponible, qu’il n’existe aucun
moyen de détection de l’abus de cette substance et donc aucun risque de disqualification.
Deux points cependant modèrent une consommation beaucoup plus étendue :
— il est nécessaire d’administrer l’hGH quotidiennement par injection ;
— cette substance est très onéreuse (actuellement le coût d’un traitement pour déficience
pathologique est d’environ 35 000 à 50 000 FF (5 340 à 7 650 euros) par an et ce
coût doit être multiplié par 10 quand il s’agit d’une utilisation à des fins de dopage).
Malgré ces restrictions, il est évident que l’hGH représente une des plus grandes
menaces pour le mouvement olympique. »
La Commission médicale du CIO n’a pas fini d’être confrontée au casse-tête de la détection
des facteurs de croissance. Après l’hGH, dont elle n’a pas encore réussi à établir un
seuil de positivité permettant de confondre les dopés, elle va devoir très rapidement se
pencher sur des facteurs de croissance sécrétés par le foie sous l’influence de la somatropine.
On a découvert, il y a plus d’une dizaine d’années, que les effets de l’hGH sont indirects,
c’est-à-dire que c’est elle-même qui libère les véritables facteurs de croissance connus sous
le nom de somatomédines. Ces derniers stimulent le développement des différents tissus,
notamment osseux, musculaires et cartilagineux. En 1996, la « rumeur des vestiaires »
faisait état d’une découverte majeure : une équipe de chercheurs américains et australiens
aurait fabriqué une version injectable de facteurs de croissance de type somatomédine.
L’écart ne cesse de croître entre les tricheurs et leurs poursuivants garants de l’esprit olympique.
Aujourd’hui, ce n’est plus une hypothèse mais une réalité que la fouille des valises
des Géants de la Route sur le Giro 2001 a révélée au grand public.
► ASPECTS PHARMACOLOGIQUES
Spécialités pharmaceutiques (exemples)
Nom commercial DCI MSM RDM
1) Hormones somatotropes
Genotonorm Somatropine recombinante 1988
Maxomat Somatropine recombinante 1988
Norditropine Somatropine recombinante 1994
Saizen Somatropine recombinante 1989
Somatonorm Somatrem 1987 1992
Somatormone Hormone somatotrope hypophysaire d’origine bovine 1952 1969
Somatotrope Choay Hormone somatotrope hypophysaire d’origine bovine 1951 1983
Umatrope Somatropine recombinante 1988
Zomacton Somatropine recombinante 1996
2) Stimulants de la production d’hGH
Avlocardyl Propranolol 1967
Catapressan Clonidine 1971
GHRH 80 pg Somatoréline 1985
Glucosulfa Metformine et tolbutamide 1965 1990
Modopar Lévodopa, bensérazide 1974
Larodopa Lévodopa 1970 1994
Ornicétil Ornithine 1966
Pargine Aspartate d’arginine 1986 1993
Primperan Métoclopramide 1964
Sinemet Carbidopa, lévodopa 1974
Tableau
Somatropine recombinante (GH synthétique)
Liste I (ex-tableau A). En outre, la délivrance de ces produits est soumise à des dispositions
spéciales. Pendant 20 ans c’était un groupe d’experts (France Hypophyse) qui donnait le feu vert
à la pharmacie centrale des hôpitaux de Paris afin de distribuer aux intéressés les quantités
requises. Depuis janvier 1997, la prescription initiale hospitalière annuelle est réservée aux
spécialistes en pédiatrie et/ou en endocrinologie et maladies métaboliques exerçant dans les
services spécialisés en pédiatrie et/ou en endocrinologie et maladies métaboliques. Elle peut être
renouvelée en ville par tout médecin pendant un an. De ce fait, une utilisation détournée de sa
principale indication thérapeutique (nanisme hypophysaire) semble difficile à envisager. Cependant,
on estime déjà que 20 % des quantités d’hGH naturelle commercialisées ont été détournées
de leur usage thérapeutique. De même pour l’hormone recombinante, on a déjà l’exemple de la
disparition mystérieuse au début de l’année 1986 d’une quantité équivalant à 250 000 dollars.
Facteurs de libération d’hGH
Spécialités Tableau
Avlocardyl
Catapressan
GHRH 80 pg
Glucosutfa
Larodopa
Modopar
Ornicétil
Pargine
Primperan
Sinemet
Liste I (tableau A)
Liste II (tableau C)
Liste I (tableau A)
Liste I (tableau A)
Liste I (tableau A)
Liste I (tableau A)
Liste II (tableau C)
Vente libre
Liste II (tableau C)
Liste I (tableau A)
Historique
1920 — Deux chercheurs américains, Herbert McLean Evans (1882-1971) et J.A. Long,
après l’injection d’extraits de glandes pituitaires de boeufs à des rats normaux, ont constaté
que ces derniers atteignaient des proportions corporelles démesurées.
1944 — A partir d’hypophyses de boeufs, isolement de l’hormone de croissance dans sa
forme cristallisée par les biologistes américains Herbert McLean Evans et Choh Hao Li.
1951 — Mise sur le marché français de la STH ou hormone de croissance extractive
d’origine bovine.
1956 — Échec des premiers essais thérapeutiques expliqué par le fait que les hormones de croissance
d’origine animale (mise à part celle du singe rhésus) sont chimiquement différentes.
1957 — J.C. Beck et E.H. Venning, deux chercheurs canadiens de l’université Mac Gill,
montrent que l’hGH a un effet spectaculaire sur la croissance des enfants.
1958 — Utilisation de l’hGH. Premiers traitements du nanisme par déficit hypophysaire.
L’hormone est extraite d’hypophyses humaines. Il faut 3 hypophyses humaines par
semaine et par enfant.
1972 — Création de France Hypophyse pour sélectionner, organiser et surveiller les enfants
nécessitant un traitement à l’hGH.
1982 — Roger Guillemin (1924-), l’endocrinologue d’origine française, Prix Nobel de
médecine 1977, et son équipe du Salk Institute de San Diego (Etats-Unis), isolent la somatocrinine
ou GRF (Growth Hormone Releasing Factor). Peptide d’origine hypothalamique
stimulant la sécrétion hypophysaire d’hormone de croissance.
1985 — Retrait de l’hormone extractive humaine — La survenue de quatre décès dus à la
maladie de Creutzfeldt-Jakob (encéphalopathie due à une protéine pathogène : l’agent
prion), a entraîné le retrait du marché de la GH extractive dans un certain nombre de
pays : Suède, Finlande, Belgique, Angleterre, Grèce, Pologne, Australie, Nouvelle-
Zélande, Hong Kong et États-Unis.
1987 — Mise sur le marché français d’une hormone de croissance produite par génie génétique.
Il s’agit de la Met GH 192 (Somatonorm), comportant un acide aminé supplémentaire
par rapport à l’hormone humaine.
1988—Hormone de croissance synthétique identique à l’hormone naturelle. Au centre de
recherche de Labège, près de Toulouse, spécialisé dans les biotechnologies, les chercheurs du
groupe Sanofi avec à leur tête Willem Roskam (1951-1989), ont réussi à produire une hormone
de croissance biosynthétique obtenue à partir d’une souche d’Escherichia coli, et dont la
séquence des 191 acides aminés est strictement identique à celle de l’hormone naturelle. Elle
est commercialisée sous le nom de Maxomat, par le Laboratoire Choay, groupe Sanofi. Elle est
exclusivement indiquée dans les retards de croissance liés à un déficit somatotrope.
Surnoms
Sérum de singe, l’hormone du festin (brûle les graisses), dead man’s drug (la drogue de
l’homme mort).
Chiffres
1986 —Pendant la période de juin 1985 à février 1986, le manque à gagner pour la Pharmacie
centrale des hôpitaux de Paris (PCH) qui a décidé d’écouler des stocks potentiellement
contaminés, risquant de transmettre la maladie de Creutzfeldt-Jakob (MCJ), se
_serait chiffré à 5,5 millions de francs (838 470 euros), s’il y avait eu destruction ou inactivation
à l’urée.
Le Quotidien du Médecin, 14.01.1997.
1987 — Le nanisme hypophysaire est responsable de 10 % des petites tailles. France-
Transplant et l’Institut Pasteur fournissent 60 % des besoins français, les 40 % restants
sont importés.
Le Quotidien du Médecin, 12.05.1987.
— L’hormone de croissance extraite d’hypophyses de cadavres humains est utilisée depuis
1958, date du premier traitement du nanisme par déficit en GH. Ce traitement continue
d’être largement utilisé en France puisque près de 70 % des enfants traités le sont avec
cette hormone. Cependant, le degré de purification de cette hormone ne permet pas
d’écarter totalement le risque viral.
Le Quotidien du Médecin, 12.10.1987.
Propriétés et indications thérapeutiques
Propriétés : somatropine recombinante (GH synthétique)
— La somatropine est une hormone de croissance humaine biosynthétique obtenue à
partir d’une souche d’Escherichia coli et dont la séquence des 191 acides aminés est strictement
identique à celle de l’hormone naturelle.
—L ‘action principale de cette hormone de synthèse, comme celle de l’hormone de croissance
extractive, porte sur la stimulation de la croissance osseuse.
La somatropine possède d’autres propriétés :
– sur le métabolisme glucidique (diminution de la tolérance aux hydrates de carbone) ;
– sur le métabolisme lipidique (effet lipolytique) ;
– sur le métabolisme protidique (effet anabolisant), les propriétés sont communes et
superposables à celles de l’hormone de croissance humaine extractive.
Indications thérapeutiques
> Somatropine recombinante (GH synthétique)
• Enfant
—R etard de croissance lié à un déficit somatotrope.
—P etite taille dans le syndrome de Turner (nanisme féminin).
— Retard de croissance lié à une insuffisance rénale chronique chez l’enfant prépubère.
• Adulte
—T raitement substitutif du déficit sévère en hormone de croissance défini par un pic
d’hormone de croissance < 3 ng/mL en réponse à un test d'hypoglycémie insulinique. > Growth Hormone Releasing Factor (GRF)
— Déficits staturaux (nains hypothalamiques).
— Brûlés : compense la fuite des protéines.
—D énutrition.
—C onsolidation des fractures.
Facteurs modifiant la sécrétion d’hGH
Stimulation Inhibition
A) Physio ogiques
1. Sommeil (stades III et IV)
2. Exercice (voir ci-après)
3. Stress (traumatique, chirurgical, infectieux,
psychologique)
4. Hyperammoniémie postprandiale
5. Hypoglycémie postprandiale (relative)
1. Hyperglycémie postprandiale
2. Augmentation des acides gras libres
B) Pharmacologiques
1. Hypoglycémie
— absolue (insuline ou 2-deoxyglucose)
— relative (postglucagon)
2. Hormones
— peptidiques (GRH, ACTH, alpha-MSH,
vasopressine)
— estrogène
3. Neurotransmetteurs
— agonistes alpha-adrénergiques (clonidine)
— antagonistes bêta-adrénergiques (propranolol)
— précurseurs de la sérotonine (5-hydroxytryptamine)
— agonistes dopaminergiques (L-dopa,
apomorphine, bromocriptine)
— agonistes GABA (muscimol)
— enképhalines
1. Hormones
— somatostatine
— somatomédine C (IGF-1)
— hormone de croissance
— progestérone
— glucocorticoïdes
2. Neurotransmetteurs
— antagonistes alpha-adrénergiques
(phentolamine)
— agonistes bêta-adrénergiques
(isoprotérénol)
— antagonistes sérotoninergiques
(méthysergide)
— antagonistes dopaminergiques
(phénothiazines)
— antagonistes cholinergiques
muscariniques (pirenzépine)
Stimulation Inhibition
C) Pathologiques
— Déplétion protéique et jeûne
— Anorexie mentale ‘
— Insuffisance rénale chronique
— Acromégalie : TRH, GnRH
— Obésité
— Hypothyroïdie et hyperthyroïdie
— Acromégalie : agonistes, dopaminergiques
FELIG P. et coll. Endocrinology and metabolism. McGraw-Hill, New York, 1987 (268).
Influence de l’activité physique sur la sécrétion d’hGH
1— Environ 20 min d’exercice entre 75 et 90 % du VO2max (forte intensité) provoquent
une réaction égale à celle causée par l’insuline (hypoglycémie) et supérieure à celle
déterminée par le sommeil, l’arginine et la L-dopa.
2 — Un exercice très soutenu provoque une accélération de la sécrétion d’hGH, qui atteint
son point culminant 15 à 30 minutes après le début de l’activité physique.
3 — Des efforts intermittents comme la musculation produisent une stimulation plus intense
que ceux de type aérobie, même si la quantité totale de travail musculaire est identique.
4 — La mobilisation des bras occasionne une réponse plus nette que celle des jambes.
5 — Le travail lourd en séries courtes favorise une meilleure stimulation. Des charges très
légères et des séries très longues sont sans effet.
6 — Bien que les résultats enregistrés soient contradictoires entre sportifs de haut niveau
et pratiquants de loisir, il semble que chez les athlètes le taux d’hGH reste plus élevé
pendant toute la durée de l’entraînement.
7 — Les femmes sportives répondent mieux à l’entraînement que les hommes.
8 — À l’inverse les obèses ne sécrètent que très peu d’hGH au cours de l’exercice.
9 — Les conditions climatiques modifient la sécrétion d’hGH : le froid semble l’inhiber
alors que la chaleur la favorise.
10 — La prise de sucre peu de temps avant l’entraînement réduit la production d’hGH.
BRAINUM J. Hormone de croissance. Mythe et réalité. Muscle et Fitness, 1989, n° 16, 89-93.
Facteurs naturels et « licites » agissant sur la sécrétion d’hGH1
Favorable Défavorable
Musculation volume élevé/intensité faiblemoyenne
travail lourd, séries courtes
Exercices aérobiques durée plus courte/forte intensité durée plus longue/faible intensité
Nutrition avant
l’effort
éviter les glucides 60 min avant
la séance
prise de glucides à index
glycémique élevé/sucres rapides
Nutrition après
l’effort
prise de sucres rapides selon un ratio
glucide/protéine de 2/1
manquer un repas riche
en glucides et en protéines
Compléments
alimentaires
associer L-glutamine et L-arginine prendre une boisson riche
en sucre avant l’entraînement
Sommeil dormir beaucoup/faire des siestes
fréquentes2
manquer de sommeil
Âge : le taux d’hGH décline normalement avec l’âge, diminuant d’environ 14 % tous les
10 ans après 20 ans.
Sexe : les femmes ont généralement des taux de repos supérieurs à ceux des hommes et
des taux similaires à la fois pendant et après la musculation.
Dangers : somatropine recombinante (hGH synthétique)
Contre-indication
— Processus tumoral et évolutif.
Précautions d’emploi
Avant tout traitement par une somatropine, le diagnostic de déficit en hormone de croissance
doit avoir été dûment prouvé par des explorations appropriées des fonctions hypophysaires.
L’hormone de croissance pouvant induire un état de résistance à l’insuline, une surveillance
régulière de la glycémie est conseillée. Toute altération au point d’injection doit conduire à une
surveillance immunologique du sérum (recherche d’anticorps anti-hormone de croissance).
L’administration concomitante de glucocorticoïdes peut inhiber l’effet de la somatropine
sur la croissance. En cas de déficit associé en ACTH, le traitement éventuel par les glucocorticoïdes
doit être ajusté afin d’éviter son effet inhibiteur sur la croissance.
Une hypothyroïdie peut se révéler au cours du traitement par une somatropine. Les
patients traités doivent avoir des contrôles réguliers de la fonction thyroïdienne. En cas
de déficit, un traitement substitutif doit être associé.
Incompatibilités majeures
Ce type de produit ne doit absolument pas être mélangé à une autre substance pour son
injection.
Effets indésirables
> Effets cliniques
— Effets lipodystrophiques locaux en cas d’injections réitérées sur un même site d’injection.
> Effets biologiques
— Hyperglycémie.
— Possibilité de diminution des hormones thyroïdiennes et corticotropes circulantes par
effet de rétrocontrôle négatif indirect de l’hormone de croissance.
— Effets liés à la bioactivité de l’hormone : augmentation des taux sériques des acides gras
non estérifiés et des phosphatases alcalines.
Effets secondaires d’un taux élevé d’hGH (tableau clinique d’acromégalie
avec gigantisme)
Adultes Enfants et adolescents
— Tuméfaction des tissus mous — Mêmes effets secondaires que pour les adultes
— Hypertrophie et proéminence des os et en plus : gigantisme
— Épaississement de la peau
— Hirsutisme
— Molluscum pendulum
— Acanthosis nigricans
— Hypersécrétion des glandes sébacées
— Augmentation de la transpiration
— Neuropathie périphérique
— Myopathie
— Hypertrophies viscérales :
• glandes salivaires
• foie
• rein
• coeur
• rate
— Polypes du côlon
— Affections cardiovasculaires
— Cardiomyopathie
— Hypertension
— Intolérance au glucose/diabète
WADLER G.I., HAINLINE B. Drugs and the Athlete. Davis Company, Philadephie, 1989, 353 (73).
► PRATIQUE SPORTIVE
Effets allégués et recherchés par les sportifs et leur entourage médico-technique
(théoriques, empiriques et scientifiques)
— Augmentation de la taille (adolescents).
— Accroissement de la masse musculaire (augmentation de la synthèse des protéines avec
remplissage accru du contenu de la cellule en ARN et ADN) sans favoriser la prise de
poids puisqu’elle participe en même temps à la mobilisation des réserves graisseuses.
L’hGH permet d’acquérir 10 à 20 kg de muscles en quelques mois et continue de favoriser
la croissance musculaire longtemps après la fin de la cure.
— Utilisation préférentielle des lipides au plan énergétique, donc épuisement plus tardif
des réserves de super carburant (glycogène).
— Épargne du tissu maigre.
—E n relais d’une cure de stéroïdes anabolisants afin de maintenir la force et le volume
musculaire (sans risquer un contrôle positif) mais aussi pour prévenir la dépression due
au sevrage de stéroïdes.
—D ifficile à détecter au contrôle : contrairement aux stéroïdes anabolisants qui peuvent
demander plusieurs semaines voire plusieurs mois pour être éliminés, l’hormone de croissance
« disparaît » dans les minutes qui suivent son absorption. (Avec une demi-vie variant de 15 à
45 min, près de deux fois par heure, 50 % de l’hGH résiduelle quitte la circulation sanguine).
— Exemples d’impressions favorables ressenties par les athlètes : « Je me sens plus sûr de
moi ; ma force est améliorée ; je suis plus lourd ; j’ai gagné 5 kg. Et je ne retiens plus 1 ‘eau
dans mes tissus comme c’était le cas avec les stéroïdes anabolisants. »
—U tilisation fréquente en association avec l’hormone thyroïdienne (T3) et l’insuline. Le
pouvoir anabolisant de ce « cocktail » s’est révélé beaucoup plus performant que la simple
prise d’hGH. Cette superaction sur la masse musculaire peut être renforcée en ajoutant à
ce trio hormonal du clenbutérol, un bêtastimulant ayant des propriétés anticataboliques
(réduit la dégradation des protéines musculaires).
Spécialités sportives les plus concernées (témoignages)
—S ports de « masse » musculaire et de force :
– athlétisme (décathlon, lancers, sprint) ;
– baseball
– culturisme (bodybuilding) +++ ;
– force athlétique (powerlifting) ;
– football américain ;
– haltérophilie ;
– lutte.
—S ports d’endurance :
– cyclisme ;
– marathon ;
– natation ;
– ski de fond.
—S ports de « grande taille » :
– athlétisme (lancers, saut en hauteur) ;
– basketball ;
– handball ;
– volley-ball.
Principales affaires (extraits de presse)
1965 — Découverte — Université Johns Hopkins (États-Unis) : ça marche sur la taille
« Une hormone de croissance extraite de l’hypophyse
de cadavres humains et injectée à de jeunes
“nains hypopituitaires”, les aide à pousser. À la
clinique d’endocrinologie pédiatrique de
l’université John Hopkins (États-Unis) qui mène
les expériences, les résultats ont été spectaculaires.
Un garçon de 14 ans qui avait la taille d’un
enfant de 8 ans au début du traitement, il y a deux
ans, atteindra probablement 1,60 m alors qu’il
1966 — Effets ergogéniques — (France) :
Après un débat sur le dopage entre différents
spécialistes, La Vie Médicale Actualité
n’aurait pas dépassé 1,20 m. Un autre enfant qui
ne mesurait que 76 cm à 7 ans, a grandi de 19 cm
en 15 mois. Le problème, c’est qu’il faut prélever
plusieurs centaines d’hypophyses humaines
pour traiter un seul enfant : l’hormone animale
est inefficace et on n’a pas encore réussi à synthétiser
cette substance de croissance. »
ANONYME. Science-Flash : on fait grandir les nains.
Science et Vie, 1965, n° 572, mai, 50.
la fatigue et ses remèdes
propose à ses lecteurs un texte sur les différents
remèdes antifatigue : « Si le doping est
devenu une de nos plaies sociales, c’est que
d’abord la fatigue en est une. Notre but est ici
essentiellement pratique : après un bref
rappel pathogénique, il consiste à faire la mise
au point actuelle des médications proposées —
en nous tenant’ uniquement d celles qui
méritent véritablement nom de médications
antifatigue ou défatigantes : les excitants, par
conséquent, n’en font pas partie. »
En revanche les hormones y figurent et
notamment la somatotrophine ou hormone
de croissance qui a été employée dans le traitement
de la fatigue. Elle s’est révélée un puissant
agent anabolique, mais elle n’est pas
dépourvue d’inconvénients, qui en limitent
l’utilisation dans la pratique courante.
PÉRIE H. et coll. Doping et préparation biologique
des athlètes : débat avec la participation des
docteurs P. DUMAS, F. PLAS, R. BONCOUR, L. TRUF
FERT, H. DESOILLE, P. CHAILLEY-BERT et de MM.
J. CHEMINAUD, J. LEBBE, J.P. LAFARGE. Vie Méd.
Actualité, 1966, suppl. 77, 4-15 (11 et 15).
1983 — Athlétisme — Dr Robert Kerr (États-Unis) : des champions de dix-neuf pays
Récit du journaliste Robert Parienté : « Selon le
Dr Robert Kerr, biochimiste au San Gabrial
Hospital (Californie), qui n’a rien caché de ces
nouvelles pratiques, “l’hGH serait désormais
d’un usage courant dans plusieurs sports,
notamment en athlétisme.”
Le Dr Kerr a affirmé (selon le Los Angeles Times
et DPA) “qu’il comptait, dans le cercle de ses
clients, de nombreux champions, originaires de
dix-neuf pays (sic), qui se moquaient désormais
des contrôles antianabolisants et antitestostérone
et qui pouvaient utiliser en toute tranquillité
l’hGH, à condition d’en avoir les moyens”. Ce
médicament (que l’on ne peut encore qualifier
de dopage) coûte, en effet, quarante-cinq dollars
la piqûre (soit 370 F) ; la cure dure de quatre à six
semaines, en période d’entraînement, et
comporte deux injections par semaine. “Un de
mes clients, a encore ajouté le Dr Kerr, qui, décidément,
en sait long, a établi un fantastique record
du monde, la semaine dernière, quelques mois
après s’être soumis à ce traitement.”
Devinez qui ? La réponse ne nous a pas été
fournie. Ce qui est certain, c’est que l’usage de
la somatropine ne date pas d’hier, que ses
propriétés sont connues aussi bien à l’Est qu’à
l’Ouest et qu’on en aurait beaucoup usé, aussi
bien à Helsinki (Championnats mondiaux
d’athlétisme) qu’à Moscou (Mondial d’haltérophilie),
comme on l’a utilisée, bien avant,
dans des compétitions importantes. ».
L’Équipe, 16.11.1983.
1984 — Athlétisme — Pietro Mennea (Italie) : stoppe sa carrière par dégoût
du dopage et avoue… en prendre
« Un autre dopant très populaire chez les
athlètes de force est l’hormone de croissance
humaine, utilisée normalement pour les
problèmes de croissance des enfants. Elle
n’est pas interdite parce qu’il n’y a pas de tests
pour cela. C’est cher et il y a eu des morts
dans les hôpitaux suite à ce produit. Le
sprinter italien Pietro Mennea s’est retiré de
la course par dégoût du dopage aux JO de
1984 ; il a surpris le public cette année (1987)
en révélant qu’en 1984 il avait pris de
l’hormone de croissance humaine ».
PENYCATE J. [Comment les athlètes ont toujours une
longueur d’avance sur les contrôles antidopage.]
The Listener, 1987, 118, n° 3030, 24 septembre,
4-5.
1988 — Apologie — Drs Anonymes (France) : dopant musculaire
Pargine (L-aspartate de L-arginine) figure Pour chaque médicament, les auteurs
dans un ouvrage où les auteurs anonymes ont décernent trois étoiles d’efficacité : pas
sélectionné 300 médicaments pour se d’étoile (produit disponible), * (utile) **
surpasser physiquement et intellectuellement : (remarquable), *** (exceptionnel). Pargine,
« Pargine — en vente libre —1 à 3 ampoules par en obtenant une étoile est considéré comme
jour pendant 30 à 90 jours. Dopant musculaire. un produit utile par les « signataires » du
Stimulant de la croissance musculaire et vade-mecum de la dope.
générale, surtout utile chez l’enfant et ANONYMES. 300 médicaments pour se surpasser physil’adolescent
car il augmente la sécrétion quement et intellectuellement. Balland, Paris,
d’hormone de croissance. » 1988, 213 (172).
1989 — Athlétisme — Darell Robinson (États-Unis) : accuse la reine Flo-Jo (États-Unis)
« Le coureur américain de 400 m Darell
Robinson (champion des États-Unis 1986 du
400 m plat), a accusé récemment Florence Griffith
de se doper. Il a notamment soutenu dans le
magazine allemand Stern qu’en mars 1988, soit
quatre mois avant qu’elle ne batte le record du
monde du 100 m, Florence Griffith lui avait
donné 2 000 dollars contre une fiole d’hormone
de croissance. Il y a quelques jours, Robinson a
été confronté à Florence Griffith en direct à la
télévision au show de la NBC”Today”. Les deux
protagonistes n’étaient pas face à face mais l’un
à Toronto et l’autre à New York. Griffith s’est
montrée très virulente, traitant notamment
Robinson de menteur et de fou. »
L’Équipe, 24.10.1989.
1990 — Effets ergogéniques — Werner Reiterer (Autriche-Australie) : le monde
merveilleux de la pharmacologie…
Témoignage de Werner Reiterer, lanceur de
disque australien d’origine autrichienne :
« Dans les années quatre-vingt-dix, le sport a
dû faire face à une nouvelle ère du dopage. La
technologie et les ressources imaginatives
bougeaient si rapidement que ce ne sont pas
uniquement les contrôleurs de l’antidopage qui
ont été laissés à la traîne. La science et la médecine
étaient très occupées à étudier les effets des
anciens produits :amphétamines, analgésiques
narcotiques, adrénaline, oxygène, stéroïdes
anabolisants communs et testostérone.
Ce n’étaient pas que les nouvelles dopes très
répandues et connues qui posaient
problème : les hormones de croissance ou les
facteurs de croissance insuliniques (l’IGF-1,
2, 3 ou IGF-R). Le monde merveilleux de la
pharmacologie apportait maintenant des
produits tels que la lévodopa (Modopar) ou
l’acide gamma-aminobutyrique (GAGA), qui
stimulent la glande pituitaire à la base du
cerveau pour augmenter la production
endogène d’hormone de croissance. (La
lévodopa est généralement utilisée dans le
traitement de la maladie de Parkinson.) Il y a
eu aussi l’Adiposinum, extrait des glandes
pituitaires antérieures des bovins et censé
contribuer à accélérer le métabolisme et à
brûler les graisses plus rapidement. »
In : Positive. Macmilan, Sydney, 2000, 282 (75).
1991 — Athlétisme — Dr Werner Franke (Allemagne) : la RDA dénoncée
« Un article de l’hebdomadaire Der Spiegel
consacré aux donations d’organes dans l’ex-
RDA provoque de nouveaux remous dans le
monde de l’athlétisme germanique. Deux
petites lignes y faisaient mention d’expériences
d’utilisation de l’hGH, hormone de
croissance humaine, tentées il y a quelques
années sur des adolescentes de treize et
quatorze ans, au coeur de l’hôpital Charité,
situé dans la partie est de Berlin. Interrogé
mardi soir sur la chaîne de télévision nationale
ARD, le Dr Werner Franke, professeur
de biologie de l’hôpital d’Heidelberg (et mari
de l’ancienne championne de poids Birgit
Berendonk) a révélé au cours de l’émission
“22 Heures”, que certaines de ces jeunes filles
faisaient actuellement partie de l’équipe
d’Allemagne qui dispute les Championnats
du monde à Tokyo. Il a refusé d’en donner
les noms en précisant uniquement que
Katrin Krabbe ne faisait pas partie des
athlètes concernées. À Tokyo, le médecinchef
de l’équipe allemande s’est déclaré
étonné de ces déclarations, n’ayant jamais eu
connaissance de telles pratiques, qu’il jugerait
“criminelles”, si l’information était vérifiée.
Il a toutefois ajouté que l’hormone de
croissance n’étant pas décelable, il était peu
probable que l’identité des adolescentes
victimes de ces manipulations soit un jour
connue. »
L’Équipe, 29.08.1991.
1993 — Athlétisme (disque) — Erik De Bruin (Pays-Bas) : les « premières » traces…
©M ASSON. La photocopie non autorisée est un délit.
« Suttgart — La Fédération néerlandaise a été
contrainte hier de retirer du concours éliminatoire
du disque son meilleur lanceur, Erik
De Bruin. Le recordman des Pays-Bas
(68,12 m), deuxième aux Championnats du
monde 1991, qui figurait parmi les favoris, a
fait l’objet d’un contrôle positif à Cologne et
est donc sous le coup d’une suspension de
quatre ans. Selon nos confrères des Pays-Bas,
« L’escalade continue. En 1996, j’ai également
pris de l’hormone de croissance synthétique,
vendue sous le nom de Saizen ou somatropine
recombinante. Elle transforme les
graisses en glucose et peut provoquer un
l’urine de De Bruin, trente ans, 1,86 m,
110 kg, a révélé un taux de testostérone très
élevé. De surcroît, pour la première fois, le
labo de Cologne, dirigé par le professeur
Donike, a indiqué que des traces d’hormones
de croissance (human Growth Hormone)
avaient également été décelées dans l’échantillon
du lanceur. »
L’Équipe, 17.08.1993.
dérèglement de la glycémie ou de la calcification
osseuse. Les personnes atteintes de
nanisme en absorbent deux ampoules de
quatre unités par jour. Moi je faisais des cures
de dix à quinze jours, à raison d’une demi-
1995 — Lutte — Frank Andersson (Suède) : 35 ampoules appartenant à une petite
fille
« Le Suédois Frank Andersson, ancien cham- type Genotropin (GH). Il les avait obtenues
pion du monde de lutte gréco-romaine — en grâce à une ordonnance médicale destinée à
1977, 1979 et 1982 chez les moins de 100 kg — la petite fille d’une femme âgée de quarante
a été condamné, hier à Gôteborg, à une peine ans, qui a accusé Andersson. L’ancien chamde
cent jours de salaire pour avoir acheté pion a décidé de faire appel. »
35 ampoules d’hormones de croissance de L’Équipe, 24.01.1995.
1996 — Cyclisme — Erwann Menthéour (France) : des cures de dix à quinze jours
ampoule un jour sur deux, car l’une des
propriétés de cette hormone est d’optimiser
les effets de l’ÉPO. Ce cocktail, programmé
durant la saison et complété l’hiver par la
cure anabolisants/testostérone, permet de
1998 — Cyclisme — Willy Voet (Belgique)
(1) Témoignage du soigneur Willy Voet
décrivant ce qu’il y avait dans la voiture
Festina lorsqu’il a été intercepté le 8 juillet à la
frontière franco-belge : « Le lundi matin
6 juillet, j’ai reçu un coup de fil du docteur
Eric Rijckaert. Il m’a demandé de passer chez
lui, à Gand, le lendemain, pour prendre dix
cartons de perfusions. Le mardi, à 8 heures
du matin, j’ai donc pris la route.
Je n’étais pas seul bien sûr. Derrière mon
siège, j’avais calé deux sacs isothermes, un
rouge et un bleu. Ils contenaient deux cent
trente-quatre doses d’ÉPO, quatre-vingt
flacons d’hormones de croissance, cent
soixante capsules d’hormones mâles, de la
testostérone et soixante gélules d’Asaflow, un
produit à base d’aspirine qui fluidifie le sang.
Toute cette pharmacie était stockée chez moi,
dans le bac à légumes de mon réfrigérateur,
depuis un mois déjà. [ …]
Le mercredi 8 juillet à 6 h 45, Willy Voet est
contrôlé par les douaniers qui font l’inventaire
des produits trouvés dans sa voiture. […1 »
« Comme l’un des douaniers enregistrait une
ampoule d’ÉPO et un tube de poudre comme
deux doses, j’ai essayé de lui expliquer que les
deux n’en faisaient qu’une, mais il n’a rien
voulu savoir. Et il a continué de compter les
tubes de poudre… Les doses d’ÉPO recouvertes
d’une capsule rouge étaient alignées sur
une rangée, les ampoules d’hormone de croissance
et leurs couvercles bleus sur une autre,
parallèle. Tous les flacons étaient barrés par une
large étiquette rédigée en espagnol ou en portugais.
À côté, une ligne composée d’oeufs de
Pâques”, comme on appelait les billes marron
de testostérone. Les coureurs savaient à quoi
s’en tenir lorsque je passais dans les chambres
produire en un temps record une masse
musculaire très impressionnante tout en
restant extrêmement affûté. »
In : Secret défonce. Ma vérité sur le dopage. J.C. Lattés,
Paris, 1999, 188 (132).
: 80 flacons pour le Tour
en proposant ces oeufs de Pâques. Absorbée par
voie orale, la testostérone était indécelable alors
qu’un contrôle positif était toujours possible
lors d’une injection intramusculaire. »
VOET W. Massacre d la chaîne. Calmann-Lévy, Paris,
1999, 213 (221 et 211-232).
(2) Commentaires du Dr Jean-Pierre de
Mondenard : « En regardant de plus près la
cargaison saisie dans la voiture du soigneur
de Festina, on ne peut qu’être inquiet. Selon
des sources bien informées, le lot comprenait
234 flacons d’érythropoïétine, une hormone
qui stimule la fabrication des globules rouges
et améliore le transport de l’oxygène
jusqu’aux muscles ; 80 flacons d’hormone de
croissance, une substance favorisant à la fois
le renforcement musculaire, l’utilisation des
graisses et l’endurance ; 160 capsules de
testostérone, autrement dit une hormone
mâle qui permet de supporter des charges de
travail beaucoup plus importantes qu’habituellement
et 60 gélules d’un hypolipémiant
dont la principale caractéristique est de faire
baisser le cholestérol, mais aussi de contrecarrer
l’épaississement du sang.
Parmi ces quatre produits, trois sont interdits
par la législation antidopage de l’Union cycliste
internationale. Deux sont totalement indécelables
par les techniques de dépistage urinaire et
sanguine. Aussi, en raison de leur efficacité sur
la performance et de l’impossibilité de les
détecter, l’ÉPO et l’hormone de croissance
sont les deux stars de la dope. En clair, les
cyclistes destinataires de ces substances
pouvaient passer tous les contrôles antidopage
prévus par l’UCI sans se faire prendre. »
de MONDENARD J.P. Contrôles inadaptés. Le Figaro,
1998, n° 16775, 21 juillet, 10B.
1998 — Natation — Yuan Yuan (Chine) : dans le thermos
(1) «La nageuse chinoise Yuan Yuan, vicechampionne
du monde du 200 m brasse, et
son entraîneur Zhou Zhewen, ont été interpellés
jeudi 8 janvier à l’aéroport de Sydney. La
police australienne a intercepté une bouteille
thermos renfermant treize flacons contenant
un produit suspect. Ils ont été convaincus
d’importation illégale d’hormone de croissance.
Shi Tianshu, chef de mission de la délégation
chinoise aux Championnats du monde de
Perth, a aussitôt déclaré que les deux suspects
avaient violé les lois en vigueur et qu’ils étaient
entièrement responsables. La Chine a retiré de
la compétition la nageuse et son entraîneur. »
Agence France-Presse, 09.01.1998.
(2) « La quantité d’hormones de croissance
saisie dans les bagages de la nageuse chinoise
Yuan Yuan était suffisante pour alimenter la
totalité de l’équipe pendant la durée des
Championnats du monde, selon l’entraîneur
des États-Unis. Cette révélation jette un
léger discrédit sur l’explication officielle des
dirigeants et préparateurs chinois, qui ont
toujours mis en avant l’absorption de
bouillon de sang de tortue pour justifier les
performances amphibiennes de leurs
nageurs. »
Le Journal du Dimanche, 11.01.1998.
2000 – Dépistage biologique – Italie : hors normes
(1) Récit de la journaliste Sylvie Josse :
« Sixième nation à l’issue des épreuves de
lundi 25 septembre avec vingt-huit médailles
dont onze en or, l’Italie a bien réussi son
début des Jeux olympiques de Sydney. Pourtant,
une ombre plane sur cette équipe transalpine.
dans une lettre confidentielle datée
du 24 juillet et révélée par nos confrères de La
Gazzetta dello Sport, la commission scientifique
du Comité olympique italien (CONI)
avait alerté son instance dirigeante sur des
résultats “anormaux” de quelques-uns des
contrôles longitudinaux effectués sur 538
sportifs de haut niveau et sur “les risques
pour la santé des athlètes” que cela entraîne.
Ces résultats hors normes concernent les taux
d’hormone de croissance pour laquelle le CONI
a mis au point une méthode de détection non
encore validée par le CIO. Sur 538 sportifs, pas
tous présents aux Jeux, 61 (25 hommes et 36
femmes) présentaient un taux supérieur à la
limite, alors que 50 (27 hommes et 23 femmes)
se passaient tout juste dans la norme autorisée.
Le CONI a ensuite alerté le CIO qui lui a
répondu en substance, le 18 septembre par la
voix de sa Commission médicale que la
méthode de détection de l’hormone de croissance
mise au point par les Italiens était
encourageante mais devait être encore
travaillée pour être validée. En conséquence,
les variations de taux ne pouvaient pas être
interprétées comme des cas positifs.
Tous les sports sont concernés par ces résultats
normaux sans que l’on sache officiellement
comment ils se répartissent. On sait
simplement que, à elle seule, la natation
regroupe quinze cas délicats, cinq messieurs
et dix filles (toute l’équipe de natation
synchronisée serait concernée) et que, à
Sydney, la natation sportive italienne a
remporté six médailles dont trois d’or. »
L’Équipe, 27.09.2000.
(2) « Le CONI défend ses athlètes. Les révélations
par fi Corriere della Serra de dopage aux
hormones de croissance de 61 sportifs italiens,
dont cinq médaillés d’or aux derniers Jeux de
Sydney, continuent de faire parler. Le président
du Comité olympique italien, Gianni Petrucci,
a défendu les athlètes impliqués dont le nageur
Massimiliano Rosolino, la kayakiste Josefa Idem
et la cycliste Antonella Belluti, en affirmant que
les médailles gagnées “grâce au travail” étaient ((propres. Il ne s’agit pas de dopage, mais seulement
d’une recherche de la commission scientifique
et le CONI défendra par tous les moyens
l’image des athlètes italiens”, a ajouté M.
Petrucci. On croît rêver… »
L’Équipe, 17.10.2000.
(3) Commentaires du Dr Jean-Pierre de
Mondenard : « L’érythropoïétine vient tout
juste de tomber dans les mailles du filet de
l’antidopage que la pression des chercheurs se
porte vers l’hormone de croissance, la
deuxième substance phare aux propriétés
anabolisantes facilitant efficacement l’accès
aux podiums, notamment olympiques, mais
toujours indécelable dans le cadre d’un
contrôle antidopage. C’est d’Italie, une fois
n’est pas coutume, que nous vient l’offensive.
Le quotidien milanais, le Corriere della sera, a
révélé le 14 octobre dernier que sur 538 sportifs
italiens contrôlés, 50 avaient des valeurs
d’hGH “limites” et 61 — dont cinq médaillés
d’or aux Jeux de Sydney — des chiffres très
largement supérieurs à la normale lors de
tests effectués entre mars et juin par la
Commission scientifique du Comité olympique
italien. Dans l’article publié révélant
cette épidémie de présumés consommateurs
de GH synthétique, il est précisé que deux des
champions olympiques suspectés affichaient
des taux de 17 et 34 ng alors que “le taux
sanguin moyen d’hormone de croissance
pour un homme tourne autour de 0,2 ng/mL
et pour une femme de 1 ng.” Et, bien sûr, le
journaliste conclut que ces valeurs d’hGH
sont nettement supérieures — 30 à 60 fois — à
celles d’une personne normale. Dans cette
affaire, ce ne sont pas les sportifs qui sont
douteux mais plutôt les résultats incriminés.
En effet, il faut savoir que le taux sanguin
d’hGH de tout un chacun (en dehors de
sujets souffrant d’un retard de croissance ou
d’une anomalie biologique de cette
hormone) présente des variations importantes
au cours de la journée. Afin de signaler
cette particularité, on dit qu’elle est sécrétée
de façon pulsatile et non linéaire. Ainsi, plus
des deux tiers de la sécrétion quotidienne le
sont pendant la nuit, sous forme de 4 ou
5 pics nocturnes. D’autres stimuli physiologiques
existent : le sommeil, l’exercice physique
et le manque de nourriture. Inversement,
cette hormone s’abaisse après l’absorption de
sucres. C’est pourquoi le dosage de l’hGH
doit être fait dans des conditions précises.
Généralement, il s’effectue à jeun, au repos,
entre 8 et 10 heures du matin. Les chiffres
normaux sont, chez l’adulte, de 4,6 ng/mL en
moyenne avec des écarts au moment d’un (( pulse” pouvant atteindre 10, voire plus.
Chez l’enfant, les résultats varient de 1 à
20 ng/mL. Autre particularité qui rend difficile
le diagnostic de dopage par la GH
exogène c’est sa demi-vie très courte, c’est-àdire
le temps nécessaire pour que la quantité
de GH contenue dans le sang après injection
soit réduite à la moitié de sa valeur initiale ;
elle est de l’ordre de 30 min, ce qui entraîne sa
disparition totale du sang en 2 h 30. Il
faudrait donc que les sportifs italiens soient
assez fous pour s’injecter de la GH synthétique
pendant la période de ces contrôles
alors qu’ils savaient pertinemment que des
investigations biologiques type suivi longitudinal
étaient prévues. Compte tenu des fluctuations
de la présence d’hGH dans le sang, il
n’y a rien de surprenant à ce que le nageur
triple médaillé d’or, d’argent et de bronze qui
avait été testé à 17 ng/mL avait présenté, lors —
d’un contre examen trente jours après un
résultat nettement différent (0,2 ng/mL). Il
faut savoir que plusieurs médicaments non
inscrits sur la liste rouge et même absorbés
par voie orale (comprimés, ampoules buvables)
peuvent modifier le taux sanguin
d’hGH. Actuellement, aucune méthode ne
permet de façon infaillible de démontrer le
dopage. Néanmoins, le dosage sanguin de
l’IGF-1 (Insulin-Like Growth Factor n° 1 ou
somatomédine C), lui aussi utilisé comme
substance dopante, pourrait permettre de
confondre les tricheurs de façon indirecte. En
effet, l’hGH stimule la formation d’un facteur
de croissance, l’IGF- I, produit par le foie et
sécrété aussi par les muscles et les cartilages.
La concentration sanguine de ce facteur de
croissance est nettement plus élevée que
l’hGH : 500 ng/mL et sa demi-vie avoisine les
24 heures, ce qui demande environ cinq
jours pour qu’il s’élimine. Malheureusement,
là aussi, il pourrait exister de faux
positifs. Pour l’instant, il ne sert à rien de
montrer du doigt les sportifs italiens aux
chiffres d’hGH “hors normes”. L’existence
ces dernières années d’une diffusion galopante
de ce dopant au sein de la planète sportive
(20 % de la production mondiale de GH
issue de la biotechnologie alimente le marché
noir) et l’absence de contrôle validé à ce jour
par les instances internationales ne peut,
avec la révélation à grand renfort médiatique
des noms des sportifs de la péninsule transalpine,
que promouvoir l’injustice qui, ellemême,
les conforte dans leurs dérives
dopantes. »
de MONDENARD J.P. Dopage — L’hormone de croissance
traquée par les chercheurs. Le Figaro,
2000, n° 17477, 19 octobre, 33.
2002 — Cyclisme — Raimondas Rumsas (Lituanie) : dans le coffre de l’Audi conduite
par Edita, son épouse
Pas moins de 54 produits différents ont été
saisis le 28 juillet 2002, par les douanes françaises
à Chamonix dans la voiture d’Edita
Rumsas, l’épouse du coureur lituanien
Raimondas Rumsas, arrivé troisième du Tour
de France 2002, a-t-on appris mercredi
18 septembre de sources judiciaires. Dans le
coffre de l’Audi d’Edita Rumsas qui rentrait
d’Italie, les douaniers ont découvert 54 médicaments
différents et six seringues ayant
contenu de l’ÉPO. Mis à part ce matériel
injectable déjà utilisé, on dénombre dans la
pharmacie pléthorique de la famille Rumsas
six produits totalement interdits, vérita-
Controverse : témoignages pro domO
Pr Michel Audran (France), professeur de
biophysique à Montpellier : « Plusieurs
I spécialistes des contrôles antidopage étaient
persuadés que Flo-Jo prenait de l’hormone de
croissance. Par exemple, ils se demandaient si
I sa décision de se laisser pousser les ongles de
cette façon n’était pas motivée par une
volonté de dissiinuler une acromégalie nais:
sante à l’extrémité de ses doigts. »
Le Quotidien du Médecin, 13.10.i998.
Mkhèle Biétry (France), journaliste
scientifique : « Ce qui sauvera peut-être
l’hormone de croissance du “déshonneur” est
qu’elle est certainement moins “efficace” que
les anabolisants, pour des athlètes surentraînés
qui utilisent déjà au maximum leurs
ressources musculaires. »
Le Figaro, 01.01.1990.
blement dopants, et six autres prohibés
suivant la dose et/ou la voie d’administration.
Au sein du premier groupe des produits
« purs et durs » figure un flacon d’hormone
de croissance avec son solvant sous le nom de
spécialité Norditropine penset 24. Cette
préparation, toujours très recherchée par les
« tricheurs des podiums » car non décelable
dans le cadre d’un contrôle antidopage,
permet de favoriser l’anabolisme musculaire
et la lipolyse. Au total, un corps sans graisse
superflue et des muscles plus performants
grâce à la chimie.
Dr J.P. de MONDENARD.
Thierry Bourguignon (France), cycliste
professionnel de 1990 à 2000 :
« Les coureurs “scientifiques” bénéficiaient
d’une quasi-impunité. Les contrôles antidopage,
je ne, vous apprends rien en déclarant
qu’ils étaient ridiculement inefficaces. Ils ne
détectaient ni l’ÉPO, ni l’hormone de çroissance,
ni la plupart des dopants puissants.
… L’ÉPO est aujourd’hui le dopant principal.
C’est lui qui apporte l’oxygène aux
muscles. Les tricheurs pourront toujours
continuer à se bourrer d’hormone de croissance
et autres anabolisants, ils augmenteront
leur cylindrée, mais sans possibilité
d’accroître les performances de leur carburateur,
l’intérêt est assez limité. »
In : Bourgui, tours et détours. Botega, Paris, 2000,
193 (104).
Michel Boyon (France), président du
Conseil de prévention et de lutte contre le
dopage depuis 1999: « Beaucoup de
personnes pensent que, dans certaines conditions
d’utilisation, l’hormone de croissance a
des effets sur la performance. C’est possible,
mais cela n’a jamais été démontré. Ce que
l’on sait, c’est que son utilisation présente des
risques certains, notamment au niveau de
l’hypertension artérielle. »
Le Monde, 21.10.2000.
Dr Jean-Pierre Cousteau (France), médecin
des équipes de France de tennis : « Rien ne
prouve que l’hormone de croissance et
l’érythropoïétine puissent avoir un quelconque
effet sur le niveau de performances
des athlètes. En revanche, on peut être certain
de leurs effets nocifs pour l’organisme. »
Le Monde, 12.10.1988.
Sandro Donati (Italie), responsable du
secteur recherche et expérimentation au
Comité olympique italien.
(1) « En 1984, après les JO de Los Angeles, le
professeur Robert Kerr affirme d’une
manière claire que nombre d’athlètes de
l’équipe américaine ont été traités par ses
soins avec de l’hormone de croissance. Eh
bien, depuis quinze ans, la Commission
médicale du CIO n’a pas su mettre à disposition
des laboratoires antidopage une
méthode pour déceler cette hormone. »
Libération, 02.02.1999.
(2) « Quand on en est à doper tout le monde
cela ne sert plus à rien, sauf à faire marcher les
laboratoires qui fabriquent l’ÉPO ou des
hormones de croissance. »
Le Monde, 20.04.1999.
(3) «Aujourd’hui, le sport de haut niveau
permet aux ventes d’ÉPO et d’hormones de
croissance de s’envoler. L’ÉPO, qui est un
médicament d’un usage peu courant en
médecine est pourtant au 4e rang mondial en
terme de chiffres d’affaires. L’hormone de
croissance occupe la 7e place. »
Le Monde, 20.04.1999.
Dr Jean-Marcel Ferret (France), médecin de
l’équipe de France de football depuis 1993 et
de l’Olympique Lyonnais : « Le vrai danger,
ce sont les anabolisants et autres hormones de
croissance. Parce qu’avec ces produits, vous
pouvez faire d’un malingre un vrai
champion. »
Télé 7 Jours, 2002, n° 2207, 14 septembre, 48.
Dr Jacques Huguet (France), président de la
Commission médicale de la FIBA : « Nos
procédures sont calquées sur celles du CIO,
c’est-à-dire que le fond du problème tient à ce
qui est décelable et ce qui ne l’est pas.
Quelque part, je trouve ahurissant de voir des
gens se faire piquer aux anabolisants à l’heure
où le vrai problème est du côté de l’hormone
de croissance. »
L’Équipe, 28.10.1997.
Dr Eric Joussellin (France), directeur du
département médical de l’Insep : « Il est
évident que certaines substances sont
toujours indécelables. Je pense bien sûr à
l’hormone de croissance qui a un effet
anabolisant important. Le profil de bodybuilder
de certains athlètes, tout comme
l’augmentation des pointures de pied, laissent
penser que l’hormone de croissance
est utilisée, en particulier chez les
sprinters. »
Le Quotidien du Médecin, 11.09.2000.
Dr Jean-Pierre de Mondenard (France),
médecin du sport depuis 1974: « Le CIO a
dépensé des millions de dollars pour le musée
olympique. À côté de cela, il consacre une
somme modique à la lutte antidopage.
L’ÉPO, l’hormone de croissance, la cortisone…
dix substances sont encore indécelables
et permettent aux athlètes de se doper en
toute impunité. »
In : Le 00 est complice, propos recueillis par Régis
Gasquet. Sport’s Magazine, 1996, n° 25, septembre,
92.
Dr François Piette (France), médecine
interne, gériatrie, hôpital Charles Foix (Ivrysur-
Seine) : « On peut envisager des traitements
séquentiels : “exercice physique
+ hGH” puisque tous deux sont synergiques,
l’hGH améliorant les performances physiques
chez l’adulte jeune et l’exercice physique
régulier réduisant la surcharge adipeuse
abdominale et stimulant l’hGH. »
La Gazette médicale, 1995, 102, n° 4, 7.
Jacques Rogge (Belgique), vice-président du
CIO et membre de la CM-CIO : « Il devient
urgent que nous détections l’hormone de
croissance. A Sydney, il y a certainement un
nombre d’athlètes qui vont monter sur le
podium avec de l’hormone de croissance
dans le corps. »
Le Monde, 27.09.2000.
Pr Peter Sônksen (Angleterre), endocrinologue
à l’hôpital St Thomas à Londres,
membre de la Commission médicale du CIO,
directeur du programme de recherche sur
l’hormone de croissance financé par le CIO et
l’Union européenne :
(1) « Nos travaux pour la recherche de
l’hormone de croissance devraient aboutir en
décembre 1998. Il nous restera alors un an et
demi avant les Jeux de Sydney pour effectuer
des tests et nous assurer que les laboratoires
agréés sont équipés de manière adéquate. Et
de savoir si le CIO soutiendra la mise en
oeuvre de ce test. »
Le Dauphiné Libéré, 05.02.1998.
(2) « L’ liGH a de puissants effets “centraux”
sur le cerveau, dans lequel elle influence
l’humeur, la sensation de bien-être et d’autres
facteurs psychologiques et neurotransmetteurs
importants comme les endorphines.
[…] Bien qu’il n’y ait pas eu d’essais (autant
que je sache) comparant directement les
stéroïdes anabolisants et l’hGH, l’ampleur de , Il effet de l’hGH sur la synthèse des protéines
est de beaucoup supérieure à celle de l’effet
! des stéroïdes anabolisants. C’est le plus puissant
agent anabolisant connu. »
Message Olympique, 1994, n° 40, décembre, 54.
Alex Zülle (Suisse), cycliste professionnel
depuis 1991 : « Pour la première fois lors du
Tour de France cette année, j’ai consommé à
ma demande des hormones de croissance en
plus de l’ÉPO. J’avais un tel désir de gagner
le Tour cette année. C’est le Dr Eric Rijckaert
qui m’a donné tous les cieux jours,
_durant la première semaine du Tour, une
dose d’hormones de croissance que je me
suis injectée moi-même. Mais j’ai pu constater
que cela ne provoquait pas l’effet
escompté. »
France-Soir, 07.09.1998.
Dépistage biologique (contrôle urinaire, sang)
1988 — Urine : l’hGH apparaît dans l’éprouvette
« L’hormone de croissance est excrétée en faible quantité dans les urines où elle peut être
dosée. Jusqu’alors, les méthodes de dosage usuelles étaient inopérantes. Récemment, une
méthode de dosage immuno-enzymatique en phase solide a été développée, sa sensibilité
étant de l’ordre de 0,2 pg/mL. Ce dosage spécifique et sensible n’est pas influencé par le
pH urinaire, l’osmolarité ou la congélation, et il nécessite seulement un volume de 1 à
10 mL d’urine. La mesure d’hGH urinaire peut refléter la production totale sur 24 heures
ou sur une période donnée. Il y a une bonne corrélation entre le taux d’hGH urinaire et
le profil plasmatique. Cette approche nouvelle permet entre autres de contrôler un excès
d’hormone de croissance par voie exogène. »
Le Quotidien du Médecin, 02.03.1988.
1992 — Résultats : en quatre heures
« Bio Mérieux vient de mettre sur le marché la 1″ trousse de dosage de l’hormone de croissance
dans les urines, dénommée 6’125 I hGHU COATRIA”.
Cette trousse permet d’obtenir un dosage en quatre heures à partir des urines recueillies
à la 1′ miction du matin ou sur les urines collectées sur vingt-quatre heures. Le bioréactif
utilisé permet d’atteindre une sensibilité exceptionnelle. Jusqu’à présent, l’exploration
d’un enfant de petite taille nécessitait environ 35 à 50 prélèvements sanguins. »
Impact médecin quotidien, 15.10.1992.
1998 — Dr Jens Sandahl Christiansen (Danemark) : une méthode sûre…
« Une équipe de chercheurs internationaux, dont des Danois, a mis au point une méthode
pour dépister les. hormones de croissance lors de tests de contrôle antidopage, a rapporté
mercredi 2 septembre, le quotidien danois Politiken (libéral).
Cette méthode améliorera considérablement le contrôle du dopage à partir des Jeux
olympiques de Sydney en l’an 2000.
Le projet international de recherches, engagé depuis quatre ans, s’appelle GH 2000
(Growth Hormone 2000) et fait partie du programme de l’Union européenne BIO-MED.
Il est financé également par le groupe pharmaceutique danois Novo Nordisk, producteur
de l’hormone de croissance trouvée récemment dans les sacs de nageuses chinoises qui
allaient participer aux Championnats du monde en Australie.
L’hormone de croissance est impossible à détecter jusqu’à présent car c’est une substance
produite naturellement dans le corps humain. Elle est utilisée notamment par les adeptes
de l’haltérophilie, la musculation et le culturisme.
Elle permet, comme les stéroïdes anabolisants, d’améliorer les prestations sportives de
haut niveau de 2 à 3 %, selon les médecins danois, en augmentant la masse musculaire.
“Nous avons trouvé une méthode sûre pour tester l’hormone de croissance. Il nous faut
maintenant l’essayer sur différentes espèces et refaire d’autres expériences avant de
présenter un test fiable pour l’an 2000” a déclaré à Politiken le professeur Jens Sandahl
Christiansen, chef du groupe de chercheurs danois à Kommunehospital à Aarhus (Centre).
Ce projet international de recherche est soutenu en outre par le Comité international
olympique. “Nous sommes prêts. Le CIO doit maintenant passer à l’action et introduire
ce test de dépistage en pratique aux JO de l’an 2000. Nous attendons juste une réponse de
la part du Comité” a-t-il ajouté.
Interrogé par l’AFP, la secrétaire du Dr Jens Sandahl Christiansen a indiqué que “toute
l’équipe danoise était partie aux États-Unis participer à un Congrès mondial sur les
hormones de croissance qui s’ouvre jeudi à San Francisco”. »
Agence France-Presse, 02.09.1998.
1998 — Suède : une analyse d’urine pourra suffire
Un groupe de chercheurs de l’hôpital universitaire Sahlgrenska sjukhuset de Göteborg
(Suède) a annoncé mardi 29 septembre avoir découvert un test permettant le dépistage
des hormones de croissance.
“Nous pouvons aujourd’hui dépister une personne qui s’est dopée aux hormones de croissance”,
a affirmé le médecin en chef Thord Rosén. Le dépistage s’effectue pour l’instant lors
d’une prise de sang, mais une analyse d’urine pourra suffire à l’avenir, a-t-il ajouté.
Jusqu’à présent, les sportifs se dopant aux hormones de croissance n’étaient pas inquiétés
car on ne pouvait mesurer leur taux dans le sang ni dans les urines, contrairement aux
stéroïdes anabolisants par exemple.
“Notre but est que ce test soit utilisé lors des contrôles antidopage aux Jeux olympiques
de Sydney en l’an 2000”, a déclaré le professeur Bengt-Aake Bengtsson.
Les chercheurs de Göteborg ont collaboré avec leurs collègues d’Aarhus (Danemark), de
Londres et de Naples (Italie), a précisé le quotidien régional suédois Goeteborgs-Posten. »
Agence France-Presse, 29.09.1998.
1999 — Allemagne : des proportions d’isoformes différentes
Récit du journaliste scientifique Jean-Yves Nau : « Un groupe de spécialistes allemands de
la lutte antidopage a mis au point le premier test permettant d’identifier la prise
d’hormone de croissance humaine à des fins dopantes, annonce l’hebdomadaire médical
britannique The Lancet du samedi 13 mars. Ce travail a été réalisé sous la direction du
docteur Christian J. Strasburger, de l’unité de neuro-endocrinologie de l’hôpital universitaire
Innenstadt de Munich.
Le procédé mis au point se fonde sur des particularités structurelles de l’hormone de croissance
produite par manipulation génétique (hormone recombinante). Cette dernière se
caractérise par une seule isoforme mais particulière (dite 22 kda), dont le poids moléculaire
est plus élevé et certains éléments constitutifs différents. On sait que cette isoforme coexiste
naturellement, dans certaines proportions, au sein de l’hormone endogène avec une autre
(dite 20 kda) de poids moléculaire inférieur’. Les chercheurs allemands expliquent avoir
développé une méthode immunologique qui permet d’identifier ces deux isoformes et
d’établir le rapport de leur concentration respective, une anomalie permettant de conclure
à une administration d’hormone de croissance recombinante.
La limite de cette méthode tient, pour l’heure, au fait que le résultat n’est positif que si le
délai entre l’administration et la prise de sang n’est pas supérieur à 36 heures. »
NAU J.Y. Dopage : la prise d’hormone de croissance peut être dépistée. Le Monde, 16.03.1999.
Réglementation
1965 — Association britannique de médecine du sport
Lorsqu’elles sont administrées systématiquement, les hormones (naturelles ou synthétiques)
sont prohibées à moins que sur prescription médicale les sportifs les aient utilisées
depuis un mois ou plus. Les hormones et les préparations similaires administrées dans des
buts de contrôle menstruel sont exclues de cette prohibition.
1968 — Liste UCI
Hormones et hormonoïdes font partie de la liste B. Pour justifier l’emploi de ces produits,
le coureur devra présenter, avant le contrôle antidoping, un certificat médical récent et
écrit mentionnant la thérapeutique en cours. La commission médicale (UCI ou Fédération
française de cyclisme) se réserve le droit d’interpréter le résultat des analyses, faites
dans un des laboratoires agréés concernant ces produits et de tenir compte ou non du
certificat médical introduit. En raison de l’impossibilité de prouver le dopage aux
hormones (en particulier l’hormone de croissance) ces substances ont été retirées de la
liste UCI à partir de 1971.
1983 — Liste CIO
La Commission médicale du CIO engage des recherches pour déterminer, comme pour
l’hormone mâle et la caféine, un seuil de tolérance. Cela s’avérait nécessaire en raison de
la constatation d’un taux d’hormone de croissance anormalement élevé chez les sportifs
adultes lors des prélèvements effectués aux Championnats du monde d’athlétisme à
Helsinki en juillet 1983.
1989 — Listes CIO et secrétariat d’État de la Jeunesse et des Sports
L’hormone de croissance apparaît sur la liste des substances et procédés interdits et appartient
au groupe F de la réglementation du CIO. Son utilisation en sport est considérée
comme amorale et dangereuse en raison de ses divers effets secondaires tels que réactions
allergiques, effets diabétogènes et acromégalie en cas d’administration à doses élevées. Tous
les facteurs de libération de l’hormone de croissance sont également interdits.
2003 — Listes CIO, fédérations internationales (UCI, IAAF, etc.) et MJS (arrêté du
31.07.2003)
L’hormone de croissance exogène, bien qu’interdite par l’ensemble des réglementations
internationales, est toujours libre d’utilisation par les sportifs (absence de seuil légal ou de
test identifiant l’hormone recombinante).
2004 — Liste AMA
Depuis janvier, l’Agence mondiale antidopage édicte et publie au plan international, la seule
liste faisant désormais référence pour l’ensemble du mouvement sportif. Les hormones de
croissance humaine (hGH) et synthétiques (GH) appartiennent à la section des « Hormones
peptidiques » (S5 : 2). La présence d’agents apparentés, de mimétiques, de marqueurs diagnostiques
ou de facteurs de libération des hormones de croissance est également prohibée pendant
et en dehors des compétitions. Seul problème : elle n’est toujours pas décelable et cela perdure
depuis plus de vingt ans. Combien de podiums olympiques l’ont été grâce à cette hormone ?
Références
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